Birds of Prey Warner, jadis maison mère des Looney Tunes et du film noir (avec ses malfrats en guise de (anti-) héros) remixe ces deux canons dans Birds of Prey, avec héroïnes badass et esprit cartoon, option girl’s empowerment.

 Libérée, délivrée de ses faire-valoir masculins de Suicide Squad, Harley Quinn peut voler de ses propres ailes ; et avec elle Margot Robbie. Collez-lui entre les pattes l’ado pickpocket (Ella Jay Basco) et aux trousses une flic teigneuse (Rosie Perez), une chanteuse à poigne (Jurnee Smollett-Bell) et une diane-chasseresse (Mary Elizabeth Winstead). Placez cette pyjama party (dixit Harley) entre les mains d’une scénariste et devant la caméra d’une réalisatrice pour remplir tout le quota féministe. Veillez encore à la diversité (une blonde, une brune, une Hispanique, une Afro-Américaine, une Asiatique). Ajoutez un zeste de Deadpool (voix off, irrévérence et apartés au spectateur). Servez cet #afterMeToo saignant (on atrophie, on écorche, on tue avec talons aiguilles, batte, arbalète et armes blanches). Bon point : ces drôles de dames ne se prennent jamais au sérieux ; la bande de filles fonctionne ; la réalisation est à la hauteur des intentions. Ça ne rendra pas Hollywood plus créatif pour autant, ni les gamines plus futées que les garçons. Ou quand féminisme rime avec opportunisme.