Un vrai bonheur. Avant de devenir un film

BRUXELLES Avant de devenir le film qui nous intéresse ici, Un vrai bonheur a été une pièce à succès qui, en France, a attiré près d'un demi-million de spectateurs et valu à son auteur Didier Caron cinq nominations aux Molières en 2003. Mais, malheureusement, une bonne pièce de théâtre ne fait pas nécessairement un bon film. L'échec récent de Un petit jeu sans conséquence de Bernard Rapp en témoigne. Un vrai bonheur version écran n'atteint pas la qualité de la pièce malgré le - ou peut-être justement à cause du - fait que l'auteur s'est lui-même chargé de l'adaptation avec l'ensemble de son équipe de comédiens.

Un vrai bonheur, c'est l'histoire d'une fête de mariage complètement ratée. Il est vrai que le jour même de la noce, un ancien amant de la mariée refait son apparition. Sachant que les parents de la mariée ne s'entendent plus depuis des lustres, et que les choses ne vont guère mieux chez les couples d'amis, on assiste ainsi à d'inévitables débandades à répétition qui s'entremêlent joyeusement au son d'un quatuor jouant n'importe quoi avec un maximum d'énergie...

Il y a d'excellents moments dans Un vrai bonheur mais l'ensemble manque cruellement d'un vrai regard cinématographique, et au bout du compte, on retient davantage l'accumulation de poncifs éculés, le caractère prévisible des rebondissements et le jeu beaucoup trop statique de l'équipe en général. Reste, heureusement, la bonne surprise du film: la musique du fameux quatuor constituant la parfaite antithèse des BO de la plupart des films américains d'aujourd'hui, faites d'extraits de chansons généralement très mal reprises. Là, c'est drôle et c'est frais, bref carrément... un vrai bonheur!

© La Dernière Heure 2005