Avec Fast & Furious 9, la présentation hors compétition de la nouvelle réalisation de Valérie Lemercier, Aline, a constitué une des plus grosses surprises de la programmation du Festival de Cannes. Tant cet hommage à Céline Dion s’adresse avant tout aux fans de la chanteuse et pas tellement aux amateurs de films d’auteur. Elle même, d’ailleurs, n’en revient pas d’avoir été invitée. Une opportunité qui ne se serait sans doute pas produite sans le covid et le report d’un an du film, initialement prévu en novembre 2020.

"J’ai une devise, qui n’est pas de moi mais de Shakespeare : Ce qui ne peut être écarté, il faut l’embrasser. Sans ce report, on ne serait sans doute pas là. Nous avons attendu, et c’est une grande chance que Thierry Frémaux ait choisi de présenter notre film à Cannes. Moi, j’ai du mal à passer à autre chose tant que le film n’est pas sorti. Mais cela m’a permis de faire un peu de ménage chez moi."

Comme toujours avec elle, l’humour finit toujours par pointer le bout de son nez. Sauf à l’écran pour Aline." Il n’y a jamais de second degré. Il y en a eu beaucoup sur Céline Dion, bizarrement, même au Québec, mais ce n’est pas la ligne directrice ni le sujet. C’est quelqu’un que j’admire, qui ne m’ennuie jamais, et cela à tous les âges. Même quand elle est triste, elle parvient à faire le show."

Si le film retrace fidèlement les concerts et les principaux événements de la vie de Céline Dion, pas question, pour autant, de ne pas s’écarter parfois des faits. "Je voulais donner un parfum d’elle. Je pense qu’un beau mensonge, c’est mieux qu’une petite vérité. On a inventé beaucoup de choses, parce qu’il fallait que ce soit cinématographique."

Comme la lecture d’une lettre par la maman ou des errements à Las Vegas, par exemple. Par contre, pour les costumes ou les scènes, pas question de s’éloigner de la réalité. "L’image est exceptionnelle. J’étais tellement bien filmée que je ne devais m’occuper de rien d’autre quand je chantais. Ce film est si lourd que je n’ai pas toujours eu le temps de me perdre dans les détails, ce qui est un peu mon défaut."

Son implication était telle, durant 17 semaines, que ses amis ont dit craindre qu’elle ne fasse un burn-out. "J’ai un truc : faire des sieste à midi, ne pas manger à la cantine et ne plus avoir de vie privée du tout ! Mais j’étais tellement portée par l’histoire que cela a été compliqué de quitter le film. J’espère que Céline l’aimera."

Pour l’instant, elle n’en sait pas plus, puisqu’elle ne l’a pas encore vu. "Je serais elle, je ne sais pas si je me précipiterais non plus. Elle va de l’avant, pour tenir le coup. Elle sait qu’elle peut le voir où elle veut, quand elle veut. J’ai eu l’impression de faire le film sans elle, tout en étant tout le temps avec elle. J’espère qu’elle le verra et qu’elle remarquera tout le soin apporté à mettre en valeur sa drôlerie – c’est un clown – et sa vitalité. Moi, tout de suite, c’est le couple qui m’a intéressée. Il n’y a rien de plus beau qu’un mari qui rit aux blagues de sa femme."

Pour en profiter en Belgique, il faudra attendre le mois de novembre.