Palais Royal. Un brillant pamphlet signé Valérie Lemercier

BRUXELLES Dans un pays imaginaire qui pourrait être situé entre la France, l'Angleterre et les Pays-Bas (!), un monarque unanimement considéré comme un héros meurt accidentellement. Sa veuve décide de faire évincer son fils aîné au profit du cadet qui, en réalité, est l'enfant naturel de son chef de cabinet. S'il n'est pas préparé à une succession aussi lourde, l'épouse du futur roi l'est encore moins. Mais elle va rapidement apprendre à ne plus être dupe et à retourner les mesquineries à leurs auteurs, ce qui plaît énormément au peuple et déplaît tout autant à la reine mère...

Après Le derrière, justement salué comme l'une des comédies les plus intelligentes de ces dix dernières années, Valérie Lemercier s'en prend aux têtes couronnées de la vieille Europe puritaine dans ce Palais Royal qui devrait empêcher de dormir les producteurs de l'émission télé éponyme, l'une des plus regardées dans notre paysage télévisuel! En s'inspirant de la destinée de Lady Di, elle signe un pamphlet d'une rare pertinence. Dans un mélange presque inattendu et brillantissime d'humour grinçant, de comique de situation, d'amusants rebondissements voire même de suspense, Palais Royal constitue un spectacle total. On ricane, on rit, on pleure presque mais, surtout, on réfléchit.

Autour de Valérie Lemercier qui transforme magistralement son personnage de gourde naïve en femme qui tire les ficelles, rayonnent Lambert Wilson, Mathilde Seigner, Denis Podalydès, Michel Aumont et les seconds rôles tels Michel Villermoz, Pierre Vernier, Maurane et notre entarteur Noël Godin. Mais la palme revient à Catherine Deneuve, incroyable de naturel dans son personnage de reine mère. On applaudit sans réserve!

© La Dernière Heure 2005