Ce vendredi 26 février, les éclats de rires résonneront avec un brin de tristesse. Voici tout juste 50 ans, disparaissait Fernandel, un des acteurs français les plus populaires (on estime ses entrées en salle à 202 millions) et les plus drôles de tous les temps. Avec son rire communicatif, son délicieux accent du Sud et ses grandes dents, “gueule de cheval” (comme il se surnommait lui-même, avec un joli sens de la dérision) a marqué de nombreuses générations avec des films comme François Ier, Ignace, Les rois du sport, Le schpountz, Barnabé, Raphaël le tatoué, La fille du puisatier, La vache et le prisonnier, Ali Baba et les 40 voleurs, L’auberge rouge, La cuisine au beurre, Heureux qui comme Ulysse et, bien naturellement, la saga Don Camillo. Sans oublier ses chansons, dont la plus célèbre reste “Félicie aussi”.

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Pour honorer la mémoire de cet amoureux de la pétanque et de la pêche, l’association culturelle de Carry-le-Rouet, où il possédait une résidence, a racheté son bateau, le Caméra, afin de le ramener à son port d’attache.

Quant à son petit-fils, Vincent Fernandel, il perpétue la mémoire de son grand-père en marchant sur ses traces et en racontant les fables de La Fontaine dans un livre-CD aux éditions Fleurus. “Je retiens sa valeur humaine, ce qu’il a été pour sa famille, les valeurs qu’il a transmises, le socle qu’il a mis en place, qu’ensuite mon père m’a transmis et que je transmettrai peut-être un jour à mes enfants, déclare-t-il lors d’une interview à Sud Radio. C’était quelqu’un de très droit : il a rencontré ma grand-mère à l’âge de 8 ans et il ne l’a plus quittée jusqu’à sa mort ! raconte Vincent Fernandel. C’était un amoureux-fou, un grand romantique ! Il écrivait une lettre par jour à sa femme pour prendre des nouvelles lorsqu’il était en tournage.”

“Je n’ai été élevé dans aucun culte”, ajoute le fils de Franck Fernandel. “Fernandel n’a pas fait que des bons films : comme il le disait : ‘J’ai fait beaucoup de navets mais aussi beaucoup de concombres !’ Ce qui est formidable, c’est que dès qu’il faisait un film, il pensait faire le chef-d’œuvre de sa vie, parce qu’il s’y investissait beaucoup. Quand le résultat était moins bon que d’habitude, il reconnaissait que ce n’était pas le meilleur. Au lieu d’intellectualiser ou d’atermoyer, il faisait ! C’était un faiseur, un pragmatique, un travailleur !”

On pourrait ajouter un immense artiste du rire.

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