Cinéma De nombreuses voix s’élèvent contre la présentation de son nouveau film, A Rainy Day in New York, à Deauville.

Sale temps pour les octogénaires du 7e art. Après Roman Polanski (86 ans), qui ne s’est pas rendu au festival de Venise pour présenter sa version de l’affaire Dreyfus, J’accuse, en raison des polémiques, c’est au tour de Woody Allen (83 ans) de se retrouver sous le feu des critiques en ouverture du festival de Deauville ce vendredi. L’origine ne s’en trouve pas spécialement dans sa nouvelle comédie, A Rainy Day in New York, mais dans les accusations d’abus sexuel portées à son encontre.

À la différence de Roman Polanski, poursuivi par la justice américaine depuis 42 ans, Woody Allen a été par deux fois blanchi après enquête. Ce qui n’empêche pas la fille adoptive de son ex-compagne, Dylan Farrow, de confirmer qu’elle fut violée à l’âge de 7 ans. Sur cette dernière base, plusieurs associations estiment donc scandaleux qu’un festival lui rende hommage, alors que plus aucun distributeur ne veut montrer son film en salle aux États-Unis.

Point de vue que ne partage pas Catherine Deneuve, présidente du jury à Deauville : "Il faut faire la différence entre le cinéaste et la personne." Avant d’ajouter : "Les féministes ont quand même des œillères."

Scarlett Johansson a, elle aussi, pris fait et cause pour Woody Allen, dans une interview à The Hollywood Reporter. Et s’est fait allumer sur les réseaux sociaux pour ses propos : "Je le crois et je retravaillerai n’importe quand avec lui. Je vois Woody dès que c’est possible. Nous en avons beaucoup discuté. J’ai été très directe avec lui, et il l’a été avec moi. Il maintient son innocence et je le crois."

La seule chose totalement sûre, c’est qu’à part Woody Allen et Dylan Farrow, personne ne peut prétendre connaître la vérité avec certitude.