Le vent tourne vite à Hollywood. Ce n'est pas Johnny Depp qui dira le contraire, lui qui est passé en un procès perdu du statut d'acteur le mieux payé à celui d'indésirable. Ni Zendaya, considérée comme la nouvelle princesse des grands studios malgré une filmographie assez modeste ( Spider-Man Homecoming, The Greatest Showman et la série Euphoria, pour laquelle elle a gagné un Emmy Award de la meilleure actrice dramatique). Forte de ses 82,6 millions de followers sur Instagram et 18,6 millions de fans sur Twitter, à 24 ans, elle est perçue comme une des comédiennes les plus influentes du moment auprès du jeune public, celui qui va au cinéma... quand les salles sont ouvertes.

Mieux: sa performance dans la nouvelle production Netflix, Malcom & Marie, pourrait bien lui valoir sa première nomination aux Oscars, selon la presse spécialisée américaine. Bref, les Majors ne jurent plus que par elle, pour le moment. Mais l'inverse n'est pas nécessairement vrai. Dans une interview accordée au magazine GQ, elle s'est plainte du peu de rôles intéressants réservés aux femmes dans l'industrie du 7e art. Au point de la voir refuser la plupart de ceux qui lui ont été proposés ces derniers mois.

"Ce n'est pas nécessairement que les scripts étaient mauvais ou quelque chose comme ça. J'avais juste l'impression que beaucoup des rôles que je lisais, spécifiquement ceux des femmes, j'aurais pu les jouer comme si c'était la même personne sans que cela ait la moindre importance. Le meilleur moyen de les décrire, c'est de dire qu'ils ont souvent pour seul but d'aider les personnages masculins à aller là où ils doivent se rendre, à faire ce qu'ils ont besoin de réaliser. Elles n'ont pas vraiment de trajectoire propre. Et elles sont souvent unidimensionnels, dans ce sens où elles ne comportent pas plusieurs couches. Elles ressemblent à la même personne, encore et encore et encore. Cela aurait été super et j'aurais pu bien les jouer, mais cela ne m'aurait pas fait grandir du tout."

Une manière encore assez diplomatique de flinguer Hollywood et son problème de sexisme très loin d'être résolu, malgré l'émergence du mouvement #MeToo.