"La vaccination obligatoire serait scientifiquement logique"

Muriel Moser, immunologue et spécialiste des vaccins pour l'ULB, était l'invitée de Maxime Binet ce jeudi sur DH Radio.

Faut-il vacciner les enfants entre 5 et 11 ans ? Les autorités fédérales devraient aller dans ce sens dans les prochains jours. Une CIM Santé est prévue lundi prochain pour trancher. Pour l'immunologue Muriel Moser, cette nouvelle étape est nécessaire. "Je pense que si l'on a un vaccin sûr et efficace, il faut en faire bénéficier les enfants", explique-t-elle au micro de DH Radio. "Ceci afin d'éviter les hospitalisations, bien qu'elles soient rares, et leur permettre de retrouver une vie normale".

Cette semaine, 336.000 doses du vaccin pédiatrique de Pfizer ont été livrées à la Belgique et 636.000 doses supplémentaires sont attendues pour le mois de janvier. "Ces vaccins sont adaptés aux enfants", précise Muriel Moser. "Au lieu de contenir 30 micro-grammes d'ARN messager codant pour la protéine spike, il n'en contient que 10".

Plus de 5.000.000 d'enfants ont déjà reçu une première dose aux État-Unis, et près de 2.000.000, une seconde dose. Au vu de ces résultats, "les nouvelles sont très bonnes, le vaccin est sûr", assure l'immunologue. Les effets secondaires sont extrêmement limités et se limitent à un peu de fatigue et à des maux de tête. "Les formes de myocardites, que l'on pourrait craindre, ne se présentent pas", ajoute-t-elle.

L'importance de la dose booster

La CIM santé s'est également réunie ce mercredi soir. La proposition de descendre à un délai de 4 mois pour les vaccins Pfizer et Moderna a été retenue par les différents ministres de la santé, contre 6 mois jusqu'ici. Pour AstraZeneca ou Johnson&Johnson, rien ne change. Cet accord se base sur les propositions des experts et de la Task force vaccination, en vue d'accélérer la vaccination.

Pour Muriel Moser, cette décision était nécessaire à cause de l'émergence de l'Omicron qui se réplique fortement et qui est très infectieux. "On sait que les vaccins sont moins efficaces en termes d'infection face au variant Omicron que par rapport au variant Delta, mais on sait aussi qu'après une dose booster, la protection augmente à nouveau. C'est pourquoi il est important d'injecter cette dose de rappel avant l'arrivée d'Omicron". Selon elle, il n'est pas clair aujourd'hui qu'il faille un nouveau vaccin contre le variant omicron, la dose booster montrant déjà des résultats.

La spécialiste tient également à souligner que si l'efficacité des vaccins diminue en termes d'infection, la protection contre les cellules tueuses et les formes graves de la maladie reste efficace. "C'est pourquoi, la vaccination obligatoire serait scientifiquement logique", explique-t-elle.

Carton vert aux soignants

L'immunologue s'est aussi prêté au jeu du traditionnel carton rouge et carton vert de l'émission. Elle adresse son premier au fait que la recherche fondamentale n'est pas assez soutenue en Belgique, particulièrement en Wallonie. Son carton vert quant à lui est destiné au personnel soignant. "Ils sont remarquables", déclare-t-elle. "Il y a une augmentation des malades en soins intensifs alors que l'on pourrait diminuer ce nombre avec la vaccination, donc c'est psychologiquement et physiquement difficile pour eux".

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