Pour l’économiste Xavier Dupret, "la dépense publique crée de la croissance"

Ce lundi matin dans "Il faut qu’on parle" sur DH Radio, Maxime Binet recevait Xavier Dupret, économiste à la fondation Jacquemotte. Il décrypte les perspectives économiques de 2022, pas forcément négatives.

Comment se portera l’économie belge en 2022? Pas si mal si l’on en croit les dires de Xavier Dupret, l’un des économistes de la fondation Jacquemotte interrogé par Maxime Binet ce lundi matin dans l’émission de radio "Il faut qu’on parle". Qui quoique positif, se dit tout de même "prudent".

Malgré un maintien des tendances inflationnistes, il n’y a pas que des points négatifs au programme de l’année prochaine. Pour l’économiste, la croissance économique en Belgique devrait se poursuivre en 2022, confirmant les prévisions de la Banque nationale de Belgique.

La croissance continuera à être intéressante à 3,3%, ou plutôt 3,1%. Et ça reste très positif." Si ça reste loin des 6% de l'année 2021, il ne faudrait pas occulter que cette croissance importante était liée à la récupération des capacités de production, complètement mises à l'arrêt dans le contexte de la crise du Covid.

Concernant la montée des prix des matières premières toujours présente en 2022 et notamment au niveau de l'essence ou électricité, des mesures de soutien du politique pour les ménages les plus à la marge restent nécessaires selon Xavier Dupret. "Lorsque l'État dépense de l'argent, c'est de l'investissement parce qu'il reçoit des recettes fiscales qui lui permettent de diminuer son taux de financement."

Indexation des salaires

L'économiste s'est aussi montré critique par rapport au saut d'index voulu par la FEB, justifié par un handicap de compétitivité face aux pays limitrophes. "Les salaires auraient progressé de 0,9% alors que la productivité du travail a progressé de 5,4%. […] En Allemagne, l'évolution de l'inflation sera bien plus terrible car elle est liée à une pénurie de candidats à l'emploi. Nous serons compétitifs face à l'Allemagne".

Aussi, pour Xavier Dupret, la révision de la loi de 1996 qui règle, entre autres, la question de la progression des salaires n'est pas une priorité. Tandis que certains secteurs économiques peuvent, effectivement, difficilement se permettre une indexation, ce n'est pas le cas pour d'autres. "La loi de 96 fixait une norme indicative pour la progression des salaires. […] Dans le secteur pharmaceutique ou dans celui de l'énergie, vu les marges très importantes, il y a de la place pour qu'une norme salariale indicative soit dépassée." Ajoutant par ailleurs que d'un point de vue macroéconomique, il y a de la marge pour intégrer le coût de la vie dans l'évolution des salaires.

Si le taux de croissance sera moindre en 2022, il restera par ailleurs appréciable. Et l'inflation devrait se calmer aux alentours de 2023. Aussi, s'il y aura encore des tensions au niveau de l'énergie, on devrait parvenir à un "meilleur phasage entre l'offre et la demande" affirme l'économiste. Année qui devrait laisser voir une baisse des prix de l'énergie.

Le travail, facteur d’enrichissement

D'un point de vue social, si "vraisemblablement", l'année 2022 restera "chaude", Xavier Dupret note que c'est dû à une prise de conscience de la population de la valeur du travail. Dès mars 2020, tandis que l'on observait un effondrement de la bourse suite au confinement généralisé, "l'ensemble des travailleurs dans le monde a pu voir que l'ensemble de création de la richesse, c'était un ouvrier derrière un poste de travail. Aujourd'hui, on ne pourra plus parler de la valeur travail comme d'un coût, c'est un facteur d'enrichissement".

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