Drame de Strépy: "La volonté de faire mal du chauffeur pourrait encore être discutée vendredi"

Ce mardi matin, la matinale de DH Radio revenait sur le drame de Strépy-Bracquegnies en présence de deux invités.

Drame de Strépy: "La volonté de faire mal du chauffeur pourrait encore être discutée vendredi"
©D.R.

Pour évoquer le drame de Strépy, Maxime Binet recevait Thierry Bellin, secrétaire national du SNPS Police, et Christian Henri, Procureur du Roi du parquet de Mons.

Pour rappel, un chauffard a foncé sur la foule, au carnaval de Strépy, tuant six personne et blessant des dizaines d'autres.

Auditionnés dans la soirée de mardi, les auteurs du drame, Paolo (le conducteur) et Nino (le passager), ont été inculpés pour coups et blessures et homicide involontaire pour le premier et pour non-assistance à personne en danger pour le deuxième. Le conducteur de la BMW Serie 5 a été placé sous mandat d'arrêt tandis que le passager, son cousin, a été libéré sous conditions.

"L'ensemble du dossier sera mis à disposition du parquet, qui devra statuer sur les cinq jours du maintien en détention préventive ou de la remise en liberté du conducteur", nous informe Christian Henri. Celui-ci évoque la collaboration entre les deux hommes inculpés et la justice: "Ils ne contestent pas la matérialité des faits. Ils ne contestent donc pas avoir été au volant du véhicule et avoir provoqué l'accident aux conséquences dramatiques que l'on connait".


Pour avancer dans l'enquête, les enquêteurs seront aidés par des experts automobiles qui étudieront le comportement du véhicule. "Il faut confronter les déclarations des uns et des autres avec les constatations techniques. On a affaire à un véhicule de catégorie et de marque que l'on qualifie de "Premium". Il est doté de toute une série d'améliorations techniques. Est-ce que ce véhicule en était pourvu ? Tous ces détails seront étudiés et confrontés aux différents témoignages", explique Thierry Bellin, invité de DH Radio.

Le conducteur déjà connu de la justice

Il y a cinq ans, le conducteur de la BMW Serie 5 avait perdu son permis de conduire, lui qui était déjà connu de la justice pour des faits de roulage. "Effectivement, il a un antécédent spécifique. C'est un monsieur qui aime beaucoup la vitesse, beaucoup les voitures et qui se met en scène dans des vidéos. Cela ne jouera pas en sa faveur", continue Thierry Bellin. Toutefois, on ne peut pas parler de "récidive" puisque les faits datent d'il y a plus de cinq ans. Mais, "le juge en tiendra compte au moment de rendre son verdict", ajoute Christian Henri.

A l'heure d'écrire ces lignes, la vitesse précise à laquelle roulait le conducteur n'est pas encore connue. "Certains examens et expertises qui ont débuté ce lundi ne sont pas encore terminés. L'ordinateur de bord de la voiture n'a pas encore livré tous les secrets que l'on pourrait espérertrouver", poursuit Christian Henri.

Le Procureur du Roi revient aussi sur le caractère volontaire de cet accident. En effet, aucune trace de freinage n'a été retrouvée sur les lieux de l'accident et cela pourrait déterminer si les faits ont été commis volontairement ou non. "J'avais déduit qu'au vu des circonstances de l'accident, il ne pouvait y avoir qu'une volonté de faire mal. Le juge d'instruction a ensuite considéré après examen des devoirs d'enquête prescrits que cet élément volontaire n'était pas réuni. Ce sera encore discuté éventuellement en Chambre du Conseil ce vendredi", révèle encore Christian Henri.

Les analyses toxicologiques ont rendu leur verdict. Le conducteur de la voiture était en légère intoxication alcoolique. "Les analyses de prise de sang ne sont pas encore déterminées donc on ne sait pas encore dire si le conducteur avait pris d'autres substances. Mais il est très clair que l'intoxication alcoolique a été révélée. Elle s'est avérée 'légère'", relate le Procureur du Roi de parquet de Mons.

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