Karine Lalieux : "Le PTB, c'est juste la honte"

Invitée de l’émission "Il faut qu’on parle" sur DH Radio ce mardi et interrogée sur la baisse du PS dans les sondages, Karine Lalieux a porté une attaque virulente envers le PTB, dont elle estime qu’il ne prend jamais ses responsabilités.

EDA

Selon le dernier sondage Ipsos-Le Soir-RTL-Het Laatste Nieuws-VTM publié vendredi dernier, le PS essuie une baisse sensible des intentions de vote en Wallonie et à Bruxelles.

S’il a perdu des plumes en Wallonie, le PS reste malgré tout le premier parti avec 22% des intentions de vote, devant le MR (20,4%) et le PTB (19,7%). C’est à Bruxelles que cela se complique puisque le PS est désormais le 4e parti de la capitale derrière Ecolo, le MR et… le PTB.

Face à cette progression du PTB, le parti socialiste a-t-il décidé de durcir le ton contre le parti d’extrême-gauche? C’est en tout cas ce qu’on pourrait croire au vu des déclarations de Karine Lalieux au micro de Maxime Binet ce mardi.

Le PTB existe depuis des dizaines d’années. Qu’est-ce qu’ils ont acquis comme droits pour les citoyens? Rien.

"Ces sondages ne me réjouissent pas du tout, avoue l’une des figures de proue du PS à Bruxelles. C’est quand même un grand mystère que le PTB récolte autant d’intentions de vote. Le PTB existe depuis des dizaines d’années. Qu’est-ce qu’ils ont acquis comme droits pour les citoyens? Rien. Jamais ils n’ont pris leurs responsabilités, contrairement à nous. Ce n’est pas facile car on est dans un gouvernement avec la droite mais on se bat au quotidien et on met les mains dans le cambouis. Eux, ils sont sur un perchoir, ils font des vidéos, des pétitions et c’est très confortable. Ils ne font rien. Voter pour le PTB, c’est voter pour du vent car ils ne prendront jamais leurs responsabilités."

Mme Lalieux a d'ailleurs donné un carton rouge au PTB. "Face à la guerre, face à ces horreurs, face à ces gens tués par milliers, le PTB, c'est encore l’ambiguïté. Ils ne condamnent pas l'agression russe, ils ne votent pas les motions et les résolutions. C'est juste la honte. Vraiment, je leur dis que leur attitude à l'égard de la Russie est honteuse, comme elle l'était par rapport à la Chine et presque au génocide des Ouïghours."

En plus de pousser le PS à devoir regarder à sa gauche et non plus uniquement à sa droite, cela fragilise-t-il le PS par rapport à ses partenaires de centre-droit au sein de la Vivaldi? "Au contraire, cela nous conforte dans les valeurs que nous défendons depuis toujours: la solidarité, la lutte contre les injustices sociales et les inégalités. C’est pour cela que nous montons au gouvernement. C’est difficile avec six partis et avec la droite mais nous continuerons à nous battre car nous voulons que ce pays soit plus juste pour les citoyens", ajoute la ministre des Pensions et de l’Intégration sociale.

"Accueillir ces gens, un devoir européen"

Sur DH Radio ce mardi, la ministre des Pensions et de l’Intégration sociale Karine Lalieux (PS) a également abordé la question du conflit ukrainien. La socialiste a assuré que l’Etat allait prendre ses responsabilités face à l’afflux de réfugiés ukrainiens et qu’il n’oubliait ni les Villes, ni les Communes.

L‘invasion de l’Ukraine par les forces russes a poussé des milllions d’Ukrainiens à l’exil forcé. Parmi ces nombreux réfugiés qui ont quitté leur pays, 28.000 sont arrivés en Belgique et 5000 ont demandé un hébergement et une aide auprès des CPAS. Mais ce chiffre risque encore d’augmenter prochainement.

Face à cet afflux de réfugiés ukrainiens qu’il faudra loger, la ministre fédérale des Pensions et de l’Intégration sociale Karine Lalieux estime qu’il faut se donner les moyens. "C’est un devoir et une obligation européenne que d’accueillir des gens qui fuient la guerre, l’horreur et les bombes. Ce sont des femmes, des enfants et des personnes âgées qui ont tout laissé derrière eux, notamment un mari, un fils ou un frère qui se battent contre les Russes."

À l’instar de celui de Charleroi, certains CPAS s’inquiètent du manque de moyens à fournir pour accueillir ces réfugiés. "L’ensemble des États européens ont activé une directive qui donne un séjour légal temporaire aux Ukrainiens qui fuient la guerre. À partir de ce moment-là, il y a des obligations qui tombent sous la responsabilité des États européens. Selon la loi de 1976 sur les CPAS, chaque personne qui est en séjour légal ici dans notre pays a droit à une vie digne. Nous devons faire en sorte de les loger de leur permettre un accès au marché du travail, aux soins de santé et à l’aide sociale", précise la socialiste au micro de Maxime Binet.

Ce que j’ai décidé au niveau du gouvernement, c’est que l’État fédéral prenne ses responsabilités. On ne laisse pas tomber nos villes et nos communes.

Face à ce procédé reconnaissant le droit à un séjour obligatoire temporaire pour les Ukrainiens, certains ont critiqué la politique des réfugiés à deux vitesses en Belgique en comparaison avec d’autres crises migratoires. "L’Union Européenne décide ou non d’activer la directive de 2001 par rapport à un afflux massif. Ici, elle a décidé de l’activer et donc, il y a des obligations. Par rapport à la Syrie, l’UE a décidé de ne pas l’activer, ce qui fait que les Syriens qui quittent leur pays seront reconnus comme des demandeurs d’asile", se justifie Karine Lalieux.

Pour le moment, la majorité des 28.000 réfugiés ukrainiens présents dans notre pays, et dispatchés dans nos communes par l’office des étrangers, sont accueillis par des citoyens belges. "Je les félicite et il faut évidemment soutenir cette solidarité. Mais si les réfugiés ont besoin d’une aide pour vivre dignement, ils peuvent aller vers les CPAS. Ceux-ci feront une enquête sociale et verront leurs besoins."

La ministre Lalieux dit non à un changement de la loi

Ce qui inquiète la Flandre, c’est que cela ne coûte trop cher. Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a d’ailleurs demandé de revoir la loi contraignante par rapport à l’aide apportée aux CPAS pour les réfugiés. "Cela va coûter cher à tout le monde mais je ne veux pas changer la loi, assure la ministre. Ce que j’ai décidé au niveau du gouvernement, c’est que l’État fédéral prenne ses responsabilités. On ne laisse pas tomber nos villes et nos communes. Elles ont déjà beaucoup souffert avec la crise sanitaire et le coût de l’énergie. Et j’ai fait en sorte que l’État fédéral prenne en charge cette aide sociale et rembourse l’aide sociale à hauteur de 135%. C’est-à-dire qu’on rembourse 100% de l’aide donnée à la personne ukrainienne mais aussi la charge de travail (soins psychologiques, matériel scolaire, traducteurs, etc)."

Dans le cas où la guerre se prolonge et que l’afflux de réfugiés continue, la question que tout le monde se pose, c’est de savoir si la Belgique est capable de faire face à une arrivée potentielle de 200.000 réfugiés - dans le pire scénario - après avoir déjà dû faire face à la crise migratoire de 2014-2015. "L’État fédéral, les Régions et les Communes se préparent et nous ferons en sorte de les accueillir dignement. C’est notre responsabilité", conclut Karine Lalieux.

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