Georges Louis-Bouchez: "Le fédéralisme belge amène plus de problèmes que de solutions"

Ce mercredi 30 mars 2022, Maxime Binet recevait Georges Louis-Bouchez, le président du Mouvement réformateur (MR), dans son émission matinale "Il faut qu’on parle" sur DH Radio. Au programme: enseignement et plan de relance wallon.

EdA
Georges Louis-Bouchez: "Le fédéralisme belge amène plus de problèmes que de solutions"
©Montage DR et Belga

Réforme des rythmes scolaires: "L’absurdité du fédéralisme à la belge"

"Concernant le vote d’aujourd’hui sur la réforme scolaire, je dirais qu’il est regrettable que les horaires, que les cycles scolaires ne seront pas les mêmes d’une communauté à l’autre du pays dès l’an prochain. Je dirais que ce sont les absurdités auxquelles on arrive compte tenu du modèle fédéral belge. Il n’y a pas de règles pour dire d’unifier des éléments structurants. Or, des rythmes scolaires, ça ne structure pas que l’école. Ça structure la société dans sa globalité.".

Une remarque qui arrive trop tard? Le MR aurait pu pointer cela auprès des différentes communautés plus tôt? "Les communautés ont été rencontrées à plusieurs reprises. Les deux autres communautés nous ont dit que c’était intéressant mais qu’ils ne le feraient pas d’ici 2024. On pourrait alors se dire que la communauté française n’a qu’à pas faire sa réforme tant que les autres ne le font pas. Mais, dans ce cas, pourquoi donner une autonomie aux communautés?"

Georges Louis-Bouchez insiste. Ce problème est lié à l’"absurdité du fédéralisme à la belge". "La vie des Belges, elle n’est pas fédéralisée. Elle est unitaire. C’est absurde d’avoir des entités différentes. On est un trop petit pays pour que la séparation de territoires si petits soit pertinente. Pour l’enseignement, il y aurait intérêt, sans tout refédéraliser, à avoir des structures fédérales.

Un bon compromis pour le président du Mouvement réformateur serait de mettre en place une certaine hiérarchie des normes. "Pour l’année scolaire prochaine, il y a un travail de modification de calendrier qui a été fait pour que la semaine de carnaval puisse correspondre. Sur cette année-là, seules les vacances de Pâques seront différentes. L’idée est d’arrivée au même résultat pour l’année 2023-2024. Mais il faut que les autres communautés puissent travailler à cela. Le fédéralisme belge, dans toute une série de cas, amène plus de problèmes à nos citoyens que de solutions. Je continue à prôner que l’on puisse refédéraliser, mettre des hiérarchies de normes, pour certaines compétences." Les propos de Georges Louis-Bouchez sont clairs: il souhaite une hiérarchie des normes en Belgique dans toute une série de compétences, comme l’énergie ou l’enseignement, et ce dès 2024.

Plan de relance wallon: "Un changement de mentalité, c’est la plus grande réforme que la Wallonie doit faire"

L’état belge, un réel état? "En tout cas, ce n’est pas un état efficace. Nous avons une structure d’état qui ne correspond pas au pays et ne nous permet pas de faire face aux grands enjeux. Il y a un tel morcellement que l’on ne sait plus faire de réformes structurantes qui ont un impact bénéfique pour l’ensemble de la population."

Ce constat, Georges Louis-Bouchez l’applique également aux plans de relance. "Aujourd’hui, chacun dispose de son propre plan de relance. Dans chacun de ces plans, il y a, par exemple, la cybersécurité. Quel est le sens de faire quatre plans de cybersécurité? Cela n’a aucun sens! C’est un enjeu international. Ceux qui ont conçu les plans de relance ont fait au mieux avec ce qui existe dans l’institutionnel belge. Vu les défis de notre société et le besoin des réformes majeures, il faut retrouver un commandement centralisé, et penser monde plus que de penser village."

Ce n’est pas le premier plan de relance auquel fait face la Wallonie. Comment mettre notre région correctement sur les rails de la relance, cette fois? "Ce qui pourra changer les choses en Wallonie, c’est de changer la mentalité. C’est la plus grande réforme que la Wallonie doit faire. Ça passe par l’enseignement, la formation. Un changement de mentalité qui doit se faire par rapport à l’ambition et par rapport au travail. Il faut arrêter de voir le travail comme quelque chose de pénible. C’est quelque chose qui permet aussi s’épanouir."

Un carton vert à... Will Smith

Tradition de l'émission, l'invité a pu adresser un carton vert et rouge à des personnalités. Revenant sur la situation en Ukraine, Georges-Louis Bouchez a accordé son carton rouge à Vladimir Poutine. "Pour le carton vert, je vais peut-être surprendre", a poursuivi le président libéral. "Je trouve qu'il y a une grande vague de critiques à l'égard de Will Smith, mais moi je lui adresserais un carton vert. On va me dire que la violence n'est pas une solution, je sais ça. Mais très franchement, j'aime souligner que quand quelqu'un que vous aimez est attaqué concernant sa maladie, je trouve que parfois sortir du cadre, ce n'est pas forcément dommageable. Je suis une personnalité publique, j'accepte énormément de choses, mais il y en a une que je n'accepte pas, c'est qu'on s'en prenne à ma vie privée." Quant à savoir s'il aurait pu en venir aux mains pour défendre un proche, M. Bouchez a quelque peu nuancé. "J'aurais peut-être fait preuve de plus d'esprit. Je l'aurais peut-être fait différemment. On est toujours plus malin avec le recul, mais en tous les cas ça montre que Will Smith a des valeurs importantes", a conclu le Montois, estimant que l'acteur américain avait avant tout posé un "geste d'amour".

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