Pieyre-Alexandre Anglade, député LREM : "Voter Marine Le Pen, c'est voter Vladimir Poutine"

Dans Il faut qu'on parle ce mardi matin, Maxime Binet recevait Pieyre-Alexandre Anglade, député En Marche à l'assemblée nationale, pour analyser la future campagne du président français sortant Emmanuel Macron.

Rédaction

Depuis ce lundi, la bataille pour le deuxième tour a commencé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Alors que ce dernier a été beaucoup critiqué pendant ce premier tour pour avoir évité le débat avec ses concurrents, le président sortant est officiellement rentré en campagne. Le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade a défendu le président Macron, ce mardi 12 avril. "Selon moi, c'est un mauvais procès qui lui est fait. En tant que président, il avait encore des responsabilités par rapport à l'ensemble des Français dans le cadre de la fonction", a-t-il commencé. "C'est une campagne de conviction. L'objectif étant de convaincre la population que le bilan d'Emmanuel Macron a été bon pendant son quinquennat. Ce lundi, il n'a pas fait comme Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne s'est pas planqué. Il a été dans le département où il a fait l'un de ses plus mauvais scores. Tandis qu'elle a été dans l'un des territoires où elle a fait ses meilleurs scores."



Selon l'invité, l'Ukraine est la cause de l'absence de Macron lors de ce premier tour. "En tant que Français et Européen, il devait essayer de gérer les problèmes causés par cette guerre extrêmement brutale. C'était sa responsabilité en tant que président d'une grande nation européenne. Puis, il a essayé de faire sa campagne autant qu'il le pouvait."


Montée des extrêmes

En 2017, Emmanuel Macron avait déclaré qu'il espérait que ce quinquennat servirait à faire baisser les extrêmes. Cinq ans plus tard, le pourcentage de votes pour ces partis est de 55%. Peut-on parler d'un réel échec? "On a essayé de combattre ce phénomène avec des mesures. Mais nous n'avons pas tout réussi. La preuve, un nombre important de gens vote encore pour les extrêmes." Pieyre-Alexandre Anglade l'explique par une raison bien simple. "En 2017, le sujet important de la campagne était le chômage et l'emploi. Aujourd'hui il s'agit de la douzième préoccupation des Français. Ce qui signifie que l'on a agi et lutté contre l'un des fléaux avec efficacité. Notre objectif est de poursuivre dans cette voie pour atteindre le plein emploi. Nous sommes convaincus que nous réglerons les problèmes des Français et des Françaises en atteignant cet objectif."


Le pouvoir d'achat, la différence entre les deux candidats?

Pendant la campagne, Marine Le Pen a d'abord été discrète afin d'affiner son image. Ensuite, elle a tout misé sur le pouvoir d'achat. Une tactique qui a porté ses fruits en se rapprochant de plus en plus du président sortant à la fin du premier tour. "Beaucoup de choses ont été faites pour renforcer ce pouvoir d'achat pour ceux qui gagnent le moins d'argent dans notre pays", a-t-il expliqué. "Comme la revalorisation du salaire minimum en France. Ensuite, des mesures de protection contre la hausse des prix de l'énergie grâce à un bouclier tarifaire qui est l'un des plus puissants en Europe."

D'autres choix d'Emmanuel Macron ont également fait beaucoup parler d'eux. Comme le fait de ne pas modifier réellement le salaire des professeurs. Pieyre-Alexandre Anglade rectifie: "Nous avons dédoublé les effectifs des classes par deux dans les quartiers difficiles. Avec, à la clé, une prime pour les professeurs qui s'engageaient dans ces quartiers. Ce qui signifie que l'on augmentait votre salaire. Certes, le salaire des professeurs est trop bas en France. Mais on veut généraliser et récompenser les professeurs qui vont plus loin dans leur mission."


Marine Le Pen peut-elle gagner?

Présent aux côtés de l'invité, Francis Van de Woestyne, éditorialiste pour La Libre Belgique a donné son ressentiment à propos de ce second tour. Une chose est certaine, il sera plus disputé qu'il y a cinq ans. "Oui, il y a des chances que Marine Le Pen se retrouve à l'Élysée", estime-t-il. "Les reports de voix ne sont plus automatiques. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon vont jouer un rôle très important. Il y a cinq ans, seulement 7% de ses électeurs avaient voté pour la candidate du RN. Cette fois-ci, certains sondages annoncent que près de 30% pourraient choisir cette voie."

La question est-elle de savoir comment récupérer les voix du candidat de gauche? "L'objectif n'est pas de récupérer les voix de tel ou tel candidat", coupe-t-il. Avant de tancer les partisans de l'opposante du parti En Marche. "Même pour les électeurs de Marine Le Pen, j'ai envie de leur dire que ses solutions pour lutter contre le pouvoir d'achat ne sont pas les bonnes. Surtout, elle dit tout et son contraire. A commencer par cette baisse de la TVA sans expliquer comment elle la finance. En réalité, ce qu'elle propose ce sont des hausses d'impôts. Voici son projet caché."


Pour contrer Marine Le Pen, l'un des curseurs sur lequel va appuyer le président sortant est l'Ukraine. Effectivement, la candidate RN est restée vague sur le sujet. "Voter Marine Le Pen, c'est voter Vladimir Poutine", a estimé le député. "Je rappelle à tout le monde qu'elle est interdite de voyage en Ukraine depuis près de cinq ans. Depuis le début de la campagne, elle tente de gommer des choses de son programme et de lisser son image. Elle a mis 1,5 million de tracts à la poubelle où elle serre la main de Vladimir Poutine. Elle a aussi été financée en 2017 par une banque russe. En 2022, elle est financée par une banque hongroise proche du régime du président russe. Ce qui signifie que les liens qu'elle et son parti entretiennent avec la Russie ne sont pas rompus. Si elle est élue, ce serait un succès pour Poutine. Ainsi qu'un échec pour la France et l'Europe."


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