Jean-Marc Nollet à quelques heures du débat entre Macron et Le Pen: "Je suis déçu par Macron. Ce qu'il a fait, c'est du marketing"

Alors que le débat de l'entre-deux-tours de la Présidentielle 2022 en France débutera dans quelques heures, Jean-Marc Nollet (Ecolo) était l'invité de l'émission "Il Faut Qu'on Parle" ce mercredi matin sur DH Radio afin de parler de la place de l'écologie dans les programmes d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

A.M
Jean-Marc Nollet à quelques heures du débat entre Macron et Le Pen: "Je suis déçu par Macron. Ce qu'il a fait, c'est du marketing"
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Jean-Marc Nollet à quelques heures du débat entre Macron et Le Pen: "Je suis déçu par Macron. Ce qu'il a fait, c'est du marketing"
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Jean-Marc Nollet, co-président du parti Ecolo, a tout d'abord commenté le vote des Français lors du premier tour de l'élection présidentielle, où 55% des votants ont choisi un parti d'extrême. Une tendance politique qui serait possible en Belgique, selon l'écologiste, mais "la Belgique a la force d'avoir une diversité politique dans son hémicycle", contrairement à l'Hexagone.

"C'est évident que personne n'est à l'abri de l'extrémisme, pas plus en Belgique qu'ailleurs. Le modèle politique dans lequel nous vivons permet de mieux représenter la diversité dans les choix des électeurs. Il n'est quand même pas normal que dans l'Assemblée Nationale française, on ne retrouve pas d'écologistes ou de groupe en tant que tel alors qu'ils représentent une dizaine de pour-centsde la population. Çame parait être important d'avoir une représentation nationale qui soit diversifiée", analyse l'homme politique.

Jean-Marc Nollet reconnait toutefois que les partis traditionnels sont en perte de vitesse, et ce, partout en Europe. "Face à cela, il y a d'une part la poussée des extrêmes mais également le potentiel de l'écologie politique. Pour éviter les extrêmes, il faut réinventer notre modèle démocratique, il faut réoxygéner la démocratie", soutient le co-président d'Ecolo.

"L'une des propositions que je formule, c'est de redonner plus de pouvoir direct au citoyen. Ce dernier est invité à s'exprimer et à voter démocratiquement tous les 5, 6 ans et moi je souhaite pouvoir installer en Belgique une forme de référendum. Ça ne peut pas être un obstacle à l'intégration dans notre constitution d'éléments issus d'un référendum que j'appelle même 'préferendum", ce qui permet d'avoir plus de nuances et plus de capacités à mieux retenir ce que les citoyens souhaitent comme changements politiques", expose Jean-Marc Nollet.

"À qui la faute?"

Concernant le débat de ce mercredi soir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le co-président d'Ecolo s'interroge sur la place de l'écologie dans cette présidentielle française. Un élément trop peu présent dans le programme des deux candidats, selon Nollet. "On parle beaucoup trop peu de l'écologie alors que c'est un enjeu essentiel. Il n'y a pas d'avenir pour l'être humain sur la planète s'il n'y a pas une meilleure prise en considération des enjeux, non seulement climatiques, mais aussi des enjeux de biodiversité, de nature, d'environnement ou de pollution. Ces sujets ne font même pas 5% du temps de parole des candidats en France", regrette Jean-Marc Nollet.

Ce dernier estime qu'il y a deux responsables du fait que l'écologie ne soit pas assez abordée : les médias et les candidats. "Les médias ont leur responsabilité. Aujourd'hui, c'est assez piquant de lire pas mal d'articles des journaux français, d'écouter la télévision ou la radio et d'entendre les journalistes dire 'On n'a pas assez parlé de climat durant la campagne électorale'. C'est vrai, mais à qui la faute ? Pas seulement celle des responsables politiques. Même si oui, l'autre volet des responsables, c'est les candidats comme Macron et Le Pen qui ont relégué les questions environnementales et climatiques dans le bas-fond de leur programme."

La candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen, a quant à elle déjà indiqué qu'elle souhaitait arrêter tout projet éolien et elle parle très peu d'écologie. Mais est-ce que Emmanuel Macron est plus écologique que son opposante ? Jean-Marc Nollet estime que ce n'est pas compliqué mais ce n'est pas encore assez. "Être plus écologiste que Marine Le Pen, ce n'est pas difficile mais il ne l'est pas suffisamment. Macron s'était présenté en 2017 comme étant un candidat écolo. Il a fait un travail avec Nicolas Hulot au départ mais nous nous sommes très vite rendus compte que tout ça c'était du marketing. Je suis fondamentalement déçu par Emmanuel Macron. Au moment où il devait concrétiser l'accord de Paris, il était aux abonnés absents."


"J'en ai marre des clashs entre Bouchez et Magnette"

Concernant la politique belge, Jean-Marc Nollet a décidé de sortir son propre livre intitulé "Conquêtes", qui est une sorte de manifeste sur le renouvellement de la démocratie. "Il faut revenir au débat de fond. Dans les 240 pages de ce livre, je pointe une vingtaine de conquêtes politiques qu'on doit aller chercher, qu'on doit aller construire. L'idée n'est pas de dire 'Voilà ce que je vous propose, c'est à prendre ou à laisser'. C'est à débattre et à construire ensemble."

Depuis qu'il est co-président chez Ecolo, Jean-Marc Nollet est considéré comme étant moins clivant que par le passé. Un choix volontaire et assumé de la part de l'écologiste qui veut revenir au débat de fond. "Je veux beaucoup moins chercher le clash. Je pense que les gens en ont marre de cette politique qui se tape la tête plutôt que de trouver des solutions. Je suis du côté des solutions et je sais les problèmes. Je sais ô combien nous sommes attendus au tournant et je propose justement dans mon livre des solutions pragmatiques et à la hauteur de nos possibilités."

Le politicien cite ensuite Georges-Louis Bouchez qui, selon lui, ne se tourne pas vers les solutions mais toujours vers le clash. "J'en ai marre de ces clashs entre Bouchez et Magnette. A chaque fois, on retrouve le président du MR autour des clashs. Et bien moi je veux parler de tout autre chose. Je veux parler du fond, je veux parler de mon analyse."


Jean-Marc Nollet à quelques heures du débat entre Macron et Le Pen: "Je suis déçu par Macron. Ce qu'il a fait, c'est du marketing"
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