"Le train de vie du gouvernement wallon est intenable: si on n’agit pas maintenant, nous serons à genoux devant les Flamands en 2024"

Ce jeudi 19 mai 2022, dans  "Il faut qu’on parle", Maxime Binet a reçu François Desquesnes, député wallon pour Les Engagés. Il a évoqué l’avenir de son parti et l’avenir de la Wallonie.

La Rédaction de L'Avenir

Invité sur DH Radio ce jeudi, François Desquesnes a abordé le conclave budgétaire qui démarre ce jeudi. "Un travail qui est titanesque puisque le déficit, au départ, est déjà de 4 milliards d'euros. La Wallonie vit donc 25% au-dessus de ses moyens. Avec 100 euros en poche, elle en dépense 125.C'est donc intenable. A cela s'ajoute une détérioration des chiffres avec 505 millions d'euros supplémentaires à trouver."

Quelle explication à ce trou budgétaire ? Pour le député wallon, "c’est le fruit de l’attentisme, du report des décisions au moment où il fallait les prendre. Aujourd’hui, ça devient dur et ça risque de faire mal."

"Le gouvernement wallon a toujours reporté ses décisions au moment où les jours étaient beaux, au moment où les vaches étaient grasses. Et aujourd’hui, malheureusement, ça va être dur pour redresser la barre."

Maxime Binet rappelle que c'est une législature de crise: la Wallonie a dû dépenser pour la guerre en Ukraine, pour reconstruire après les inondations, pour aider les citoyens à joindre les deux bouts pendant la crise sanitaire, … "Il fallait dépenser, bien sûr" , répond François Desquesnes.

"Mais quand Elio Di Rupo est devenu ministre-président, la dette était de 22 milliards. À l’horizon 2024, au train où PS-MR et Ecolo dépensent, nous aurons doublé la dette wallonne avec 45 milliards. C’est absolument intenable. Cela fait donc 23 milliards d’augmentation, et là-dedans, on retrouve grand maximum 8, 9 milliards liés aux différentes crises. Le gouvernement wallon dans ses dépenses journalières a vécu au-dessus de ses moyens. Le déficit est aujourd’hui abyssal."

"Depuis deux ans, le train de vie du gouvernement wallon est intenable. Si nous ne faisons pas attention, nous allons avoir une sanction: ce sont les agences de notation qui dégradent la Wallonie. Aujourd'hui, la Wallonie, c'est comme le Botswana, c'est comme la Slovénie en termes de notation. On risque de payer encore plus parce qu'on est mal noté", soutien l'élu des Engagés.

"Si on n’agit pas maintenant, nous serons à genoux devant les Flamands en 2024."


Quel avenir pour le parti «Les Engagés»?

En deuxième partie d’interview, Maxime Binet est revenu sur les tensions en interne au sein des Engagés: Céline Fremault fait un pas de côté , une candidature surprise à la présidence , des anciens présidents qui semblent ne pas soutenir le mouvement actuel...

Un nouveau manifeste de changement

"Chacun a le droit de faire sa vie. Nous avons créé un manifeste de changement . Un parti moderne, centriste fort et dépoussiéré."

Il existe des critiques sur la référence chrétienne du parti. Cette référence n'apparaît plus dans ce nouveau manifeste. Certains appellent cela un "bashing anti-chrétien". " Certains peuvent penser cela. Je ne partage pas du tout cette position, surtout en tant que chrétien. Et je n'ai aucun problème avec ce manifeste fait de valeurs humanistes, mais aussi chrétiennes et non chrétiennes" , dit Desquesnes.

Le plein-emploi en Wallonie

Concernant le plein-emploi en Wallonie, "après deux ans de chômage, il faut réorienter la personne vers un mécanisme de formation pour aller vers un autre type de métier, notamment ceux en pénurie". "On doit rattraper les chômeurs de plus d'un an soit par ce mécanisme de formation, soit par un mécanisme de droit au travail".

Dans les secteurs en pénurie, on manque de bras. Doit-on forcer les chômeurs à se former dans les emplois en pénurie? "Il faut penser à une réorientation. Chacun doit avoir une responsabilité dans la société et contribuer à la richesse collective."


La présidence des Engagés

Concernant la présidence des Engagés, Marc Antoine Mathijsen sera candidat face à Maxime Prévot. "Il faut un débat démocratique et donc plusieurs candidats" , pour le député wallon.

"C’est sain dans un mouvement démocratique. On veut adopter le mécanisme du référendum sur le modèle de ce que les Suisses font avec leur votation. Tous les trois, quatre mois, une série de questions est adressée aux citoyens pour qu’ils puissent participer pleinement aux choix, à des options stratégiques sur certains thèmes."

Quel avenir pour la Wallonie?

François Desquesnes est également revenu sur le discours du ministre-président wallon, Elio Di Rupo, sur l'état de la Wallonie ce mercredi. "Avec toute son expérience politique, il utilise les chiffres les plus flatteurs pour tirer son bilan. Quand on compare 2021 à 2020, les chiffres sont forcément positifs.Mais si on compare 2021 à 2019, le compte n'y est pas. Par exemple, l'objectif d'augmenter le taux d'emploi de 5% en Wallonie ne sera jamais atteint en 2024 à l'allure actuelle. Les autres pays, les autres régions autour de nous avancent plus vite. C'est inquiétant.Bruxelles et la Flandre ont été plus efficaces pour baisser le taux de pauvreté que la Wallonie."

"La Wallonie doit agir et bouger vite, mais son gouvernement avance lentement" , conclut François Desquesnes.

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