La Vivaldi pourrait-elle tomber prématurément? "La tension monte sur un dossier qui n'est pas encore très important"

Ivan De Vadder, éditorialiste et spécialiste politique de la VRT, était l'invité de la matinale "Il faut qu'on parle", sur DH Radio ce mardi.

Rédaction
La Vivaldi pourrait-elle tomber prématurément? "La tension monte sur un dossier qui n'est pas encore très important"
©D.R.

En Flandre, la situation politique semble se trouver à un tournant. Pour Ivan De Vadder, éditorialiste pour la VRT, les partis traditionnels flamands sentent le poids du changement. Peuvent-ils encore croire réellement à un avenir serein? "Ils n'ont pas le choix d'y croire. Les quatre partis traditionnels flamands ne font que 40% des sondages. La majorité se trouve dans l'opposition désormais."

Une position politique qui pourrait poser beaucoup de problèmes à l'avenir. "Surtout en cas d'élections anticipées, voire même des élections tout court. Même dans la misère, dans la boue, il faut continuer jusqu'au bout."L'échiquier politique néerlandophone prouve donc une chose: la montée des extrêmes est bien observable en Flandre. "Il y a une implosion du centre. Comme un peu partout en Europe. Pendant longtemps, le CD&V nous donnait des Premiers ministres à la pelle, mais il a beaucoup reculé. Tout comme l'Open VLD. Ces deux partis-là font le Kern de la Vivaldi mais sont menacés à l'avenir. Jusqu'où cela va aller pour 2024?", se questionne Ivan De Vadder.

Pour l'éditorialiste de la VRT, le changement est réel. "Nous assistons à un changement de paradigme. En Flandre, il existe deux blocs distincts. À gauche, Vooruit, PTB et Groen émergent dans les sondages. À droite, ils obtiennent plus ou moins les mêmes résultats. Tandis qu'au centre, les deux partis sont déchirés. La question est de savoir si les prochains électeurs qui vont quitter le centre vont se diriger vers la gauche ou la droite."

Pour autant, des négociations sont-elles possibles avec les extrêmes? "Il faut toujours exclure le Vlaams Belang", a-t-il estimé. Pourtant, Theo Francken avait dragué les électeurs du parti extrémiste en estimant que voter pour la N-VA était le seul moyen pour voter la septième réforme de l'Etat et se diriger vers le confédéralisme. Le spécialiste a tenu à nuancer cette idée. "Theo Francken a perdu la lutte pour la vice-présidence de son parti. Il a toujours de l'influence au sein de son équipe. Mais il n'est pas président. Bart De Wever est vraiment différent."

Face aux propos de Theo Francken, François De Smet avait notamment expliqué qu'il fallait élargir le cordon sanitaire à la N-VA. "La N-VA et le Vlaams Belang sont différents. Même si cela n'est pas bien perçu en Wallonie, la distinction est importante. Il s'agit d'un mouvement conservateur qui n'est pas d'extrême droite. Par exemple, une association entre Vooruit et la N-VA n'est pas impossible." Ce qui prouve, selon Ivan De Vadder, que ce parti n'est pas aussi infréquentable que présenté par le président de DéFi.

Quel avenir pour la Vivaldi?

Pour se maintenir en vie, la Vivaldi va devoir appuyer sur des réformes qui convainquent au nord du pays. Quelles sont les plus attendues? "Il faut une combinaison entre une réforme fiscale et une autre socio-économique. De ce côté-là, la vision est totalement différente entre la Wallonie et la Flandre. Au nord du pays, nous ne faisons que des réformes pour obtenir les 80% de plein emploi. Tandis que du côté francophone, on freine pour des mesures qui amènent à ces 80%. Côté néerlandophone, on attend la même chose de nos voisins wallons. Car cela pourrait permettre de soulager le budget. Et de voir les choses avec plus de sérénité."

Pour l'éditorialiste, le gouvernement Vivaldi ne devrait pas tomber. "À moins d'une grande surprise, d'un sujet que l'on n'avait pas prévu", nuance-t-il. "Le budget de la défense pourrait peut-être poser problème. Une rumeur court comme quoi la N-VA compare cette mesure à celle du pacte de Marrakech. À l'époque, le parti conservateur avait fait imploser le gouvernement Michel par rapport à ce pacte migratoire. Il s'agit de la même chose car les écologistes refusent que le gouvernement De Croo aille à Madrid pour augmenter le budget militaire. La tension monte sur un dossier qui n'est pas très important encore."

Il y a une dizaine de jours, le président du CD&V, Joachim Coens, démissionnait de son mandat suite à un sondage plaçant les chrétiens-démocrates comme le dernier parti flamand, à 8,7 % des intentions de vote. Le ministre flamand de la Santé Wouter Beke a également suivi. Pour le remplacer, Sammy Mahdi est le (très) grand favori. Un choix logique? "Le CD&V a perdu deux ans et demi", commence-t-il. "Sammy Mahdy a perdu les élections internes de justesse face à Joachim Coens il y a deux ans. Lorsque vous observez les autres mouvements politiques, c'était l'époque où Georges-Louis Bouchez prenait la présidence du MR et Conner Rousseau celle de Vooruit. Ce qui a engendré un grand coup de fraîcheur. Joachim Coens a laissé l'image du CVP, un peu vieillotte. Le probable nouveau président n'a pas le même style. Il est plus moderne dans sa communication et sa façon de traiter les dossiers."


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