Interrogé à propos de la vaccination dans la région bruxelloise, qui a tendance à être considérée comme lente, Alain Maron défend bec et ongles le bilan actuel sur son territoire. "Actuellement, on a administré 506.000 dose à Bruxelles, de la responsabilité des autorités bruxelloises. Cela fait presque un habitant vacciné sur deux et ce n'est donc certainement pas moins que le taux de vaccination dans les autres régions. Il ne faut pas oublier également les dizaines de milliers de personnes qui travaillent à la commission européenne, dans le social ou les Corps Diplomatiques par exemple, qui se font vacciner à Bruxelles mais qui ne sont pas reprises dans les statistiques de la région concernant la vaccination."

A la question de savoir pourquoi Bruxelles ne vaccine pas encore les moins de 40 ans, Alain Maron indique que sa région préfère descendre les tranches d'âges par paliers de 5. "Nous sommes passés en phase 2 à Bruxelles il y a plusieurs semaines, la Wallonie vient de le faire il y a quelques jours, donc nous avons vacciné plus vite des personnes plus jeunes. Mais il est vrai que nous descendons par paliers de tranche d'âge de 5 ans toutes les semaines, voire toutes les deux semaines. 

La raison pour laquelle cette stratégie a été adoptée est simple : il faut tout d'abord vacciner les personnes âgées qui sont toujours réticentes. "Actuellement, nous sommes chez les plus de 46 ans qui peuvent prendre rendez-vous ou s'inscrire sur Bruvax. A côté de ça, nous faisons encore un énorme travail chez les personnes de + de 65 ans qui n'ont pas encore été vaccinées malgré une première invitation. Vendredi à 18h, ce sera au tour des personnes de 41 ans de pouvoir avoir la possibilité de l'être."

Concernant une probable 3e dose qui devrait être administrée dans les mois ou les années à venir, le ministre de la Santé dans la région Bruxelles-Capitale estime qu'il faudra certainement y passer. "On va sans doute encore devoir vacciner de manière régulière en 2022 et en 2023, une partie de la population. Tous les variants m'inquiètent. Nous devrons donc sans doute avoir cette 3e dose pour éviter une 4ème une 5ème voire une 6ème vague de coronavirus." 

"Les voitures de société, c'est subventionner les embouteillages"

Revenant sur les voitures de société qui seront "verdies", Alain Maron a estimé qu'il était clair que ce n'était pas ces voitures de société électriques qui allait "supprimer les embouteillages, or c'est un problème qui est conséquent en Région bruxelloise". L'écologiste aurait ainsi préféré la suppression de l'optimisation fiscale. "Même l'OCDE, qui n'est pas un repère de gauchistes ou d'écologistes, ne comprend pas qu'on subventionne les embouteillages, parce que les voitures de société, c'est subventionner les embouteillages."

"La décision de justice à l'égard de la Stib change un peu la donne"

Concernant la récente condamnation de la Stib suite à son refus d'engager une Bruxelloise qui portait le voile, le ministre écologiste a estimé qu'elle pointait "le fond du problème, c'est-à-dire une discrimination genrée". "Il y a un certain nombre d'employés masculins qui portent des signes ostentatoires d'appartenance à une religion - par exemple, une barbe taillée d'une certaine manière - et pour eux, il n'y a pas de problème. Mais pour les femmes, il y a un refus d'engagement. Il y a donc une discrimination flagrante entre les hommes et les femmes. C'est ça que dit le jugement et ça doit nous questionner et nous interpeller. (...) L'important c'est que les personnes soient traitées de la même manière par l'administration, qu'elle porte un foulard ou non. Pensez-vous sincèrement qu'un bus va être conduit différemment parce qu'une dame porte un foulard ? Je ne pense pas."

Toutefois, Alain Maron a rappelé que l'autorisation du port du voile dans les administrations ne faisait pas partie de l'accord de majorité bruxellois. "Il y a des sensibilités différentes au sein de la majorité bruxelloise sur la question, donc l'accord ne prévoit pas de l'autoriser sur l'ensemble de la fonction publique. Mais il y a une décision de justice nouvelle, ça change un petit peu la donne", a-t-il conclu, ajoutant qu'on attendait de voir comment allait se positionner le conseil général de la Stib.