Yves Coppieters est revenu sur son rapport assez critique sur la gestion de la crise, rendu au parlement. "Les faiblesses sont essentiellement institutionnelles ", pointe l'expert, avant d'insister sur "l'absence d'un plan d'urgence pandémie dans les tiroirs du fédéral" . "On avait des plans dans les tiroirs qui n'étaient pas actualisés, pas suivis d'exercices pratiques et qui n'étaient pas suivis d'un vrai schéma de coordination entre institutions et donc la grande urgence, c'est de remettre en place ce plan d'urgence pandémie", explique-t-il.

Autre point important souligné dans le rapport : la communication des politiques, des experts et des institutions en général. "On s'est bien rendu compte que ces instances qui communiquent ne sont pas formées pour ça et n'ont pas les compétences pour ça. Ce qu'il manque, ce sont vraiment des experts en communication dans l'ensemble des cellules de crise qui se trouvent dans tous les ministères" , assure Yves Coppieters. "Il faut professionnaliser la communication au niveau de ces institutions et donner des compétences à nos politiques et à nos experts en général ".


Le rapport aborde également le manque d'harmonisation, entre les experts, lors de la crise. "Il faut une harmonisation dans la communication. Ces échanges dans tous les sens des experts officiels contre des experts non-officiels n'est pas une bonne chose ", explique Yves Coppieters. " On l'a bien vu aussi à la sortie des Codeco : on était souvent très frustrés car on nous donnait des mesures, mais on ne nous expliquait pas pourquoi on prenait ces mesures et leur efficacité dans le temps. C'est toujours un manque de compréhension et d'empathie par rapport à ceux qui écoutent ".


Optimisme pour le déconfinement

Enfin, plus optimiste qu'inquiet quant aux nouveaux assouplissements, Yves Coppieters a malgré tout tenu à rappeler l'importance des gestes barrières et du port du masque, encore nécessaires pour lutter contre le variant Delta. " Je pense qu'il pourrait freiner les phases de déconfinement. C'est toujours un risque ", a souligné Yves Coppieters en prenant l'exemple de nos voisins britanniques et portugais, qui ont dû repousser certaines phases de déconfinement.