Les chiffres concernant le nombre d'infections ne font qu'augmenter ces dernières semaines, notamment à Bruxelles. Plus de 700 contaminés sont actuellement hospitalisés en Belgique dont pas moins de 230 en soins intensifs.

Une solution proposée pour régler la situation épidémiologique à Bruxelles est l'utilisation d'un pass sanitaire. Une réponse un peu trop tardive, selon Jean-Christophe Goffard, chef de médecine interne. "C'est une bonne solution quand la couverture vaccinale n'est pas assez forte, comme à Bruxelles. Maintenant, je trouve que ce pass arrive trop tard et de façon trop localisée."

Si le pass sanitaire n'est pas la meilleure solution, est-ce préférable d'imposer une vaccination obligatoire à la population ? Jean-Christophe Goffard n'est pas de cet avis. "J'ai toujours été un peu réfractaire à la vaccination obligatoire pour la population, exceptée celle du personnel de santé."

Pour son carton rouge, Jean-Christophe Goffard met l'accent sur les promesses faites au personnel de santé. "Se rendre compte que dans 'le monde d'après', le métier d'infirmier, sa pénibilité, sa revalorisation dans une situation encore éprouvante où l'on a besoin de force de travail, rien n'a encore changé..."

A côté de cela, le médecin de l'hôpital Erasme adresse son carton vert à ceux qui se protègent eux-mêmes et les autres, les vaccinés. "Grâce aux vaccinés, on peut éviter de retomber dans une situation aussi catastrophique que ce que l'on a déjà pu connaitre."

Actuellement on compte une trentaine de patients Covid à l'hôpital Erasme. Un chiffre qui peut paraître faible mais qui pèse quand même lourd. "Un patient Covid doit être seul dans sa chambre, alors qu'habituellement, elles sont prévues pour accueillir deux personnes."

Dans cette situation épidémiologique sous tension pour le personnel hospitalier, Jean-Christophe Goffard observe l'impact négatif du Covid sur la profession. "Le virus ne fait qu'accentuer les problèmes. On remarque que l'absentéisme est plus présent qu'avant de façon globale. Car les répercussions des unités Covid se font ressentir dans l'ensemble de l'hôpital."

Un métier qui cherche de nouvelles recrues pour son futur en péril, selon le chef de la médecine interne d'Erasme. Une mission périlleuse d'après lui. "Quatre ans d'étude, ce qui n'est pas peu, pour des horaires très inconfortables, pas facilement compatibles avec la vie de famille, accompagnés de facteurs contre lesquels on pourra lutter efficacement seulement avec une réforme profonde du métier."

Faut-il élargir la vaccination obligatoire à d'autres secteurs, d'autres métiers où les contacts sont nombreux ? "Je pense que l'obligation morale, elle existe. Il faut tout faire pour ne pas mettre en danger les personnes que nous côtoyons. Il faudrait analyser au cas par cas les professions dont les contacts peuvent devenir dangereux sans la protection du vaccin."

Un autre élément aurait pu faire partie du carton rouge de l'invité, il s'agit de médicaments qui peuvent ralentir ou empêcher certaines hospitalisations onéreuses pour la société. "La sous-utilisation de traitements médicamenteux chez les personnes à haut risques (ndlr : les immunodéprimés, les personnes obèses, ...) chez qui on diagnostique rapidement l'infection du Covid, peuvent éviter l'hospitalisation."