Alors que la hausse des contaminations se poursuit en Belgique, ainsi que dans d'autres pays européens, les vacances des Belges pourraient-elles être compromises ? Pour Catherine Linard, géographe de la santé et professeure à l'Unamur, "il ne faut pas trop s’inquiéter à ce stade-ci, mais faire le plus possible pour éviter que le virus ne circule."

Les voyages à l'étranger sont d'ailleurs la source principale des nouvelles contaminations au coronavirus à l'heure actuelle. Mais "continuer d'interdire les voyages aurait été disproportionné", assure tout de même Catherine Linard au micro de Maxime Binet. "On est dans une circulation du virus bien moins importante. Maintenant voyager comporte des risques. Est-ce qu'on en a pris trop ? Seules les semaines qui viennent le diront. Ce qui est important, c'est de respecter les mesures qui entourent les voyages : tests, quarantaines, pass etc", insiste-t-elle. L'experte regrette par ailleurs qu'il n'y ait plus réellement de quarantaine obligatoire au retour des vacances, impliquant un test au jour 1 et un test au jour 7. "Il n'y a plus ça à l'heure actuelle. (...) C'est un risque, on sait qu'il y a du virus qui va passer entre les mailles du filet. C'est un risque qui est plus ou moins calculé. Je regrette un peu qu'on ait abandonné cette mesure, ça aurait aidé à ralentir la propagation du variant delta."

Ce lundi, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un pass sanitaire en France pour les événements, qui entrera en vigueur dès le 21 juillet et qui risque d'impacter les touristes belges. "Cela incitera peut-être plus à se faire vacciner avant de partir en vacances, puisqu'il faudra ce pass pour des vacances plus ou moins normales", commente la géographe de la santé. "J'imagine que ça fonctionnera de la même façon que le pass sanitaire européen, avec une application disant que soit on est vacciné (deux doses), soit on a un test négatif de moins de 72h, soit on est guéri du Covid"

Pour Catherine Linard, ce pass ressemble à une sorte de vaccination obligatoire indirecte : "Emmanuel Macron ne s'en est pas trop caché hier. La pression est mise sur les non-vaccinés".

Outre ce pass, nos voisins ont rendu obligatoire la vaccination pour les soignants, une mesure qui paraît sévère ? "A un moment, il faut passer par là si on n’arrive pas à les convaincre qu'ils doivent se faire vacciner pour protéger leurs patients. Peut-être qu'on y arrivera chez nous aussi. La situation en France est quasi identique qu'en Belgique, mais le taux de vaccination est assez en retard. On est à 66% en Belgique contre 52% en France".

La géographe reste convaincue que la meilleure façon de convaincre à la vaccination est de sensibiliser "mais si ça ne fonctionne pas, il faut peut-être passer à l'obligation"


En Belgique, un comité de concertation se penchera sur une éventuelle nouvelle étape du plan de déconfinement. Face à la hausse des contaminations, est-il judicieux d'alléger encore les mesures ? "Il faut relativiser puisqu’une grande partie de la population est vaccinée, ce qui protège contre les formes graves du Covid. On devrait rapidement arriver à aplatir la courbe des hospitalisations. Mais, à quel point je ne sais pas ? Idéalement, il faudrait attendre encore un petit peu et arrêter le plan de déconfinement pour le moment. Il faudrait attendre deux-trois semaines pour voir l'impact sur les hospitalisations".