Claire Laffut. Si ce nom vous est étranger, son visage, lui, ne l’est peut-être pas. En décembre 2013, il s’affichait sur la couverture de Elle Belgique. À l’époque, cette Namuroise était mannequin chez Dominique Models. Depuis, elle trace sa route en chansons.

Un premier EP, Mojo, en 2018. Et déjà litre éponyme s’était invité dans les oreilles des auditeurs de DH Radio, tout comme "La vérité" qui en était aussi extrait. Rebelote avec "Hiroshima" sorti cette année-ci, puis avec "Sororité", extrait de l’album Bleu, qui est la découverte belge de la semaine de DH Radio.


Entre-temps, elle s’est offert une poignée de collaborations, dont une avec Yseult, révélation féminine aux Victoires de la musique 2021, sur" Nudes", en 2019. Sans oublier 5 nominations lors des D6beles Music Awards 2019 et 2020 dont 4 dans des catégories remportées par Angèle.


Ce qui surprend lorsque la jeune femme accorde une interview, c’est son côté réservé, ultra-timide, pour ne pas dire très introverti. Et une sensibilité à fleur de peau. Pourtant, des choses, Claire Laffut en a à dire. Son titre "Sororité" l’atteste.

Cette "fraternité" (sororité, au féminin) des femmes est très importante pour elle. Passée par le mannequinat, elle sait combien ce milieu, comme celui de la musique d’ailleurs, est le terrain de nombreuses rivalités entre femmes.


Non seulement elle veut sortir de cette dynamique de concurrence à titre personnel, mais elle souhaite aussi constituer une boîte à outils pour aider les femmes à être plus fortes ensemble.

Détail cocasse, son arrivée dans le monde de la musique s’est faite à la suite d’une bagarre avec… une femme. Conviée à un casting chez Universal après avoir envoyé sa démo un peu partout, elle y est allée avec un fameux coquard, conséquence d’une rixe la veille avec une autre fille, lors d’une sortie en boîte. Un œil au beurre noir qui a visiblement impressionné la casteuse et ancré son nom dans son esprit, confie-t-elle.

Tout un univers

Sur le plan artistique, Claire Laffut ne se contente pas de la musique. Elle est ce qu’on appelle une artiste pluridisciplinaire ou plus joliment exprimé : une artiste complète.

C’est à travers la danse qu’elle voulait initialement s’exprimer. Malheureusement, une blessure l’en a privée, même si elle propose une chorégraphie dans le clip de son titre "Hiroshima". Et ses prochains spectacles devraient aussi proposer des passages dansés.


Autre corde à l’arc, décidément bien achalandé, de la Namuroise : la peinture. Elle se montre encore très discrète sur le sujet mais des expositions pourraient bientôt être annoncées. Comme la danse, ses créations vont aussi progressivement s’inviter dans ses concerts.

"C’est tout l’univers de Claire Laffut qui nous fait craquer", explique Philippe Deraymaeker, le directeur de DH Radio. "Nous l’écoutons depuis ses débuts. Ce morceau, "Sororité", c’est l’occasion qui fait le larron. Cela fait un bon moment que je souhaitais la rencontrer pour savoir qui se cache derrière ces chansons quelque peu mystérieuses. Et puis, la sororité est un thème très ancré dans l’air du temps. Nous voulions également savoir ce qui se dissimulait là derrière."