"La manière avec laquelle s’exprime Georges-Louis Bouchez sur le nucléaire est irresponsable"

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Publié le - Mis à jour le

Gilles Vanden Burre était l’invité de l’émission "Il faut qu’on parle" sur DH radio ce mardi matin. Le député fédéral Ecolo est revenu sur la guerre en Ukraine et le prix de l’énergie en Belgique.

Alors que la guerre continue de faire rage en Ukraine, faut-il de nouvelles sanctions visant le gaz russe ? Pour Gilles Vanden Burre, "la priorité absolue, c’est de pouvoir répondre à la flambée des prix en Belgique. L’agression de la Russie sur l’Ukraine est complètement dramatique et a un impact sur cette flambée. De nouvelles sanctions peuvent donc encore arriver. Mais elles ne doivent pas viser le peuple russe, elles doivent toucher Poutine et ses oligarques. Toute sanction contre le régime ‘poutinien’ doit être mise en place".


"Dans un cadre énergétique global, Ecolo a 3 priorités: baisser la facture (en diminuant la TVA sur le gaz et l’électricité à 6%) avec une réforme sur les accises, investir encore plus massivement dans les énergies renouvelables (l’indépendance de la Belgique est dans nos ressources naturelles, il faut investir dans le vent, le soleil, la biomasse, ...) et être 100% énergie renouvelable à l’horizon 2050", détaille le député fédéral.

Mais pour cela faut-il sortir du nucléaire en 2025 ? "Il y a un plan A qui le prévoit avec la construction de 2 centrales au gaz, tous les permis ont été octroyés et tous les feux sont au vert. Mais il y a également un plan B qui prévoit le maintien des 2 derniers réacteurs nucléaires les moins anciens. Ce deuxième plan, il faut désormais le regarder de manière ouverte et objective."

Maxime Binet interroge alors Gilles Vanden Burre sur une possible sortie d’Ecolo du gouvernement si on maintient 2 réacteurs: "Non", ce n’est pas ou plus à l’ordre du jour. D’ici le 18 mars, le gouvernement doit se prononcer définitivement sur la sortie du nucléaire.


"Il faut consommer mieux"

Le député Ecolo insiste alors sur l’attitude du président libéral: "Au MR, ils ont changé d’avis, ils sont devenus pro-nucléaires. C’est leur droit. Mais la manière avec laquelle s’exprime Georges-Louis Bouchez en dénigrant systématiquement (sur Twitter) les propos de la ministre de l’Energie, les propos des ministres Ecolo, je trouve que ce n’est pas au niveau de la responsabilité qu’on doit avoir aujourd’hui. Nous demandons donc un débat serein et responsable. Créer l’hystérie autour du débat, comme le fait le président du MR, c’est irresponsable. Ce n’est pas à la hauteur de l’enjeu."



"Nous visons toujours l’horizon 2050 pour passer au 100% renouvelable en Belgique. Ce qui est demandé par l’Union européenne. Pour y arriver, nous devons investir massivement dans les énergies renouvelables. Actuellement, on est à 20% de production énergétique via le renouvelable. Vers 2030, on devrait arriver à 45%, notamment grâce à l’éolien de la mer du Nord. Et il y a aussi l’investissement dans l’isolation des bâtiments. Il faut consommer moins et donc mieux."

"Il y a dès lors des étapes intermédiaires pour arriver à cet horizon", rappelle Gilles Vanden Burre. "Le plan A, avec la construction temporaire des centrales à gaz TGV pendant 10 ans. Ou le plan B qui maintient les 2 centrales nucléaires les moins vieilles, à savoir Doel 4 et Tihange 3. Les 5 autres centrales sont trop vieilles."

"Tant au point de vue sécurité, qu’au point de vue des déchets, l’énergie nucléaire pose problème. Continuer dans le nucléaire, c’est continuer à s’approvisionner dans l’uranium. C’est ne pas savoir ce qu’on va faire des déchets et c’est avoir des problèmes en termes de sécurité. Ce n’est pas une énergie durable", déclare le député.


"Flambée des prix? Il y a une urgence sociale"

Dans la deuxième partie d’interview, Maxime Binet a parlé de la flambée des prix du carburant. Actuellement, un litre d’essence coûte pratiquement 2 euros. "Pour nous, c’est une préoccupation majeure", affirme Vanden Burre. "Ça peut faire basculer certains de nos citoyens dans la précarité. C’est donc une urgence sociale. D’ici la fin de semaine, début de la semaine prochaine, il y a un plan de soutien énergétique global qui va être mis en place par le gouvernement fédéral. Et la priorité, pour les écologistes, c’est de baisser la facture."

Mais comment? "Il faut prolonger le tarif social énergétique, plus structurellement et minimum jusqu’à la fin de l’année. Il faut baisser la TVA à 6% sur le gaz et l’électricité, avec une transformation de la fiscalité avec un système d’accise beaucoup plus mobile. Et pour le ticket à la pompe, il existe le mécanisme du cliquet inversé que nous soutenons."

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