Alors que les négociations étaient rudes ces derniers jours, la Vivaldi a enfin su trouver un accord pour l'élaboration de son budget. Un consensus qui peut être considéré comme le vrai départ de la Vivaldi ? Selon Dave Sinardet, cela semble être le cas. "Oui clairement, le Covid a occupé le gouvernement pendant un an", déclare-t-il. Cette gestion d'urgence fait place désormais à la gestion pure et dure de l'Etat.

Les pourparlers ont été assez tendus ces derniers jours, certaines portes ont claqué. Certains partis n'auraient pas été des plus collaborateurs. "Notamment le MR et le PS. Qui n'étaient pas d'accord entre eux sur les accords proposés", explique le professeur.

Ces tensions aperçues s'expliqueraient de plusieurs manières possibles. L'une d'entre elles serait probablement le démarrage de leur campagne. "J'ai clairement l'impression que pour le MR et le PS, la Vivaldi est un instrument de contrôle pour se disputer le leadership côté francophone", indique-t-il.


L'un des objectifs de la Vivaldi est notamment le 80% d'emploi. Les mesures mises en place dès à présent seront-elles suffisantes pour atteindre cet objectif ? "Il est encore trop tôt pour le dire. Je ne sais pas si les x emplois créés et promis vont véritablement exister. On est passé de 5000 à 10 000 pour finir à 13 500, on a l'impression que c'est une manière facile de boucler ce budget."

Cette Vivaldi était aussi une mise en lumière pour Alexander De Croo, dont l'image sort plutôt renforcée de ces négociations. "Cela débouche sur un accord, c'est positif. On a observé une nouvelle dynamique pour la Vivaldi. Même si la méthode d'Alexander De Croo est questionable sur certains aspects", explique Dave Sinardet.

Suite à sa présentation du budget de l'Etat fédéral, Alexander De Croo a paru peu en forme hier à la Chambre. "Oui il était clairement fatigué. On sait que la politique belge a un problème de procrastination maladive. On a quand même mis 15 mois à établir ce gouvernement alors que l'accord a été trouvé en moins d'une semaine. Certaines méthodes posent question !", éclaircit-il.


Il explique aussi que le gouvernement aurait pu mieux préparer certains de ses dossiers dans l'ombre. "Avez-vous entendu quelque chose sur la réforme des pensions ? Non cela a été postposé. On entame tout doucement d'autres mesures fiscales."

Ceci étant dit, on peut tout de même noter la difficulté de trouver un accord avec 7 partis. "Des petits pas ont été faits, certaines avancées peuvent être considérées comme importantes", explique-t-il avant d’enchaîner sur la viabilité de la Vivaldi. "On ne sait pas si elle tiendra toute la législature. En Flandre, on se demandait si, du côté des partis francophones, on souhaitait vraiment continuer cette Vivaldi !"


Mesures fiscales

Le politologue a tenu à adresser son carton rouge à la discrimination fiscale envers les célibataires. "Le célibataire belge est la personne la plus taxée au monde. On continuer à créer, garder et même renforcer des inégalités pour ces personnes"

A contrario, le professeur remet sa bonne note à une autre mesure fiscale, celle de l'exonération des footballeurs professionnels qui ne payait aucune cotisation sociale. "L'idéal serait que la décision soit prise au niveau européen, afin de ne créer aucun désavantage pour le football belge" 

Une autre taxation a été abordée, celle des voyages de moins de 500km en avion. "C'est un bon choix. On sait que c'est mauvais pour le climat. Quand on voit qu'il est parfois moins coûteux de prendre l'avion au lieu de prendre le train, cela pose question", a-t-il affirmé.