Alors que le siège de Marioupol a provoqué la mort de plus de 1 200 civils en 9 jours, Nicolas Gosset, chercheur à l’Institut Royal de la Défense estime que le bilan officiel est en réalité bien plus lourd: "Le bilan humain de la guerre en Ukraine est terriblement sous-estimé", a-t-il indiqué à Maxime Binet, ce jeudi matin, lors de l’émission "Il faut qu’on parle".


La frappe sur l’hôpital survenue ce mercredi 9 mars ne changera toutefois pas le visage du conflit, selon l’expert.

Cette attaque révélerait toutefois un changement d’approche côté russe. Sur le plateau, Yannick Quéau, directeur du GRIP (Groupe de recherche sur la paix et la sécurité) affirme que l’offensive russe évolué en deux temps: "Un premier temps durant lequel l’armée russe prenait soin de limiter les pertes civiles, en voulant décrédibiliser l’armée ukrainienne et le pouvoir. Mais devant les échecs des 4 premiers jours, il y a un deuxième temps avec le déferlement de violence beaucoup plus élevé. Tout en sachant qu’il pourrait être pire."


Quelle est la stratégie de la Russie ?

La stratégie du Kremlin a-t-elle évolué ? "Oui, on a le sentiment que la stratégie du Kremlin a changé ou notre façon de percevoir les objectifs du Kremlin. On était parti sur l’idée d’un changement de régime qui semble ne pas se vérifier à l’épreuve du terrain", souligne Nicolas Gosset.


Pour Yannick Quéau, la situation n’est pas aussi claire: "on a toujours eu un doute sur la finalité de l’invasion. L’invasion totale et l’annexion de l’Ukraine au regard des forces déployées paraissaient inatteignables." Pour le directeur du GRIP, la stratégie serait un découpage du pays sur l’est.


Il est rejoint dans cette analyse par le chercheur à l’Institut Royal de la Défense : " La volonté est de punir et de casser l’état. Dans l’idée de faire payer à l’Ukraine et de grignoter des territoires."