Plus de 1.000 professeurs manifestent ce jeudi à Liège. Ceux-ci dénoncent leurs conditions de travail, leur salaire mais aussi la nouvelle manière de les évaluer en classe. "Il faut prendre conscience que l'école, ce sont d'abord les professeurs qui la font, dans des conditions difficiles. Et parfois, ils rappellent la nécessité qu'on les considère et qu'on les respecte", estime Marie-Hélène Ska.

L'une des principales craintes des professeurs est la nouvelle évaluation dans les classes désirée par Caroline Désir (PS). "Ils ne sont pas contre être évalués, mais ils se posent beaucoup de questions sur par qui et comment", souligne la secrétaire générale. "C'est compliqué d'évaluer car chaque enfant ne vient pas à l'école avec les mêmes attentes. C'est donc légitime de se demander sur quelles bases ils vont être évalués."


Autre problème récurrent dénoncé par les enseignants : le manque de bras dans l'enseignement. "Il est de plus en plus difficile pour un enseignant de rentrer dans le métier car il se retrouve face à des situations de plus en plus complexes à gérer, il est de plus en plus seul dans sa classe. Il y a également un manque d'enseignants car l'apprentissage est de plus en plus discontinu. Il est temps de faire quelque chose si l'on veut que les citoyens de demain soient correctement formés."

Malgré toutes ces difficultés, le salaire ne suit pas selon la syndicaliste. "Aujourd'hui les enseignants ne sont pas rémunérés pour se déplacer d'une école à une autre, leurs frais de déplacement pour se rendre à l'école avec leur voiture ne sont pas non plus remboursés. Ce sont des choses comme ça qui ne sont plus normales en 2022".


"Il y a une réponse toute simple face à la hausse du prix des carburants"

La hausse des prix du carburant - qui risque encore d'augmenter si l'embargo de l'Union européenne sur le pétrole russe entre en vigueur - a un impact direct sur le portefeuille des Belges. Le gouvernement fédéral doit-il prendre davantage de mesures pour protéger le pouvoir d'achat des Belges ?

Selon Marie-Hélène Ska, il y a une mesure toute simple pour faire face à cette hausse des prix. "Le Conseil central de l'Economie nous a montré que 20% des travailleurs du secteur privé ne bénéficient aujourd'hui d'aucun remboursement de leur frais de déplacement pour se rendre au travail. En d'autres termes, cela veut dire que des centaines de milliers de femmes et d'hommes doivent payer pour se rendre au travail. La mesure la plus urgente à prendre est de mettre fin à cette situation".


Deux poids, deux mesures

De manière plus générale, Marie-Hélène Ska estime qu'il faut une fiscalité plus juste en Belgique. Pour la CSC, cela passe notamment par une taxe pour les plus riches. "Nous disons au gouvernement, chiche, déposer des textes au Parlement, marquer votre accord sur le fait de globaliser les revenus et de mieux connaitre les patrimoines des uns et des autres. Si vous voulez faire contribuer l'ensemble des revenus, vous avez besoin de les connaitre", lance-t-elle.

Celle-ci critique également le "deux poids deux mesures" existant entre les plus riches et les plus nantis. "On peut analyser les factures d'eau et d'énergie des personnes bénéficiant d'une allocation de chômage pour vérifier quelle est leur composition familiale et comment elles vivent. Par contre si vous disposez d'un patrimoine important, on vous oppose le respect de la vie privée. Ce deux poids deux mesures aujourd'hui n'est plus acceptable".


Autre règlementation dans le viseur du CSC : la loi de 1996 qui balise l'augmentation salariale avec l'indexation automatique des salaires. Une marge salariale a été introduite en 2017 par le gouvernement Michel afin de négocier secteur par secteur. Le syndicat chrétien demande de pouvoir négocier librement pour l'ensemble des secteurs.

"Aujourd'hui on manque de bras dans beaucoup de secteurs", rappelle Marie-Hélène Ska. "Dans une économie libérale, la loi de l'offre et de la demande doit pouvoir s'appliquer. Il faut que les salaires puissent augmenter si on manque de bras. Aujourd'hui ce n'est pas possible, parce qu'on a l'impression d'être dans un régime communiste où les salaires sont complètement bloqués alors que les dividendes sont totalement libéralisés et qu'il n'y a pas de balises sur les profits qui sont réalisés par les entreprise et sur leurs taux d'investissment. Nous pensons qu'il n'y a pas de raison d'avoir une espèce de couvercle maximum pour les salaires alors qu'aucune autre source de revenu ne connait ce traitement".