Les fêtes de Wallonie sont terminées. Maxime Binet et son équipe sont venus à la rencontre de Maxime Prévot, bourgmestre de la ville de Namur, devant l'hôtel de ville afin de faire le point sur cet événement. "Dans des conditions compliquées, les fêtes de Wallonie ont gardé le même esprit. C’est ce que je retiendrai de cette édition particulière", a commencé le maïeur.

Forcément, il n’y avait pas que la fête au menu de cette riche interview. Effectivement, Maxime Prévot est revenu sur le relâchement des mesures. "On ne doit pas perdre de vue que la situation sanitaire n'est pas encore complètement maîtrisée, il faudrait éviter un effet d'emballement. Souvenez-vous quand Mme Wilmès avait relâché trop vite la bride, il y a un an, très vite après on a eu une nouvelle vague. (...) Si on en venait à imposer le pass sanitaire dans l'Horeca, ça ne me choquerait pas. Je pense qu'on doit prendre des mesures qui restent prudentes et qui restent contraignantes vis-à-vis de celles et ceux qui n'ont toujours pas franchi le pas de la vaccination." Pour lui, il est normal que les Régions prennent davantage leurs responsabilités. "Quand on arrive à une phase progressive de fin de crise, je ne suis pas choqué que les Régions prennent le lead. Cela me semble a priori logique."

D'autant plus qu'il n'est pas convaincu par le gouvernement fédéral. Il a donc donné son carton rouge à la Vivaldi. "Je mets les sept partis dans le même sac. Que ce soit sur le banc de l’opposition mais surtout comme citoyen, je regrette cette situation. Par médias interposés, ils s’envoient des peaux de bananes. Ils s’invectivent sur les plateaux de télévision ou dans la presse. Défendre ses idées, c’est bien. Trouver des solutions, c’est mieux ! On dirait une bande de gamins qui se chamaillent !"

Selon l'homme politique, la Vivaldi se détourne des problèmes de fond de la population à cause des tacles à répétition des différentes formations politiques. "Je comprends qu’ils doivent défendre le point de vue de leur propre parti, mais j’ai le sentiment qu’ils se détournent des problèmes de la population à cause de ces confrontations permanentes. Ils nourrissent les extrêmes de gauche comme de droite. On ne peut pas avoir une parole forte qui démonte la montée du populisme et, en même temps, avoir une attitude qui les nourrit de manière régulière."

Par contre, Maxime Prévot a refusé de pointer du doigt une seule personne. "Certains se reconnaîtront et sont effectivement plus turbulents que d’autres. Parfois, il faut savoir tirer la sonnette d’alarme. Le CdH est un antidote du simplisme. Tout est complexe et rien n’est simple. Un slogan ne suffit pas à résoudre les problèmes de la population."

"Les anciennes générations voient le nucléaire comme Tchernobyl"

Autre sujet brûlant: le prix du gaz. Il a triplé ces derniers temps. Forcément, le Belge est impacté mais comment faire pour réduire l'explosion de la facture? "L’idée de la gauche de diminuer la TVA sur le gaz est une fausse bonne idée. Cela retarde l’effet "saut d’index". Ce qui signifie qu’à terme, ce sont les moins riches qui vont être pénalisés. Surtout, cela va générer des gains pour les entreprises qui ne sont pas basées en Belgique. Selon moi, il faudrait geler la faculté qu’ont les distributeurs d’augmenter leur coût. Les Régions ont cette faculté de ne pas approuver cette augmentation afin de la tempérer", a-t-il estimé.

Pour lui, c'est surtout une preuve supplémentaire qu'il ne faut pas construire de nouvelles centrales au gaz. "Les anciennes générations voient le nucléaire comme Tchernobyl. La nouvelle ne pense pas la même chose. Le nucléaire est un moyen de combattre le réchauffement climatique." Selon le CdH, il faudrait garder deux centrales nucléaires encore en activité en Belgique pour sortir progressivement. "La Belgique n’est pas assez avancée au niveau des alternatives. On ne glorifie pas le nucléaire mais ses atouts ne doivent pas être négligés pour combatte le réchauffement climatique."