Assouplissement des règles de quarantaine: "Il était temps"

Face à la propagation galopante d’Omicron dans les écoles, la Conférence interministérielle de la Santé et les ministres de l’Éducation ont pris de nouvelles dispositions mercredi soir . Dans le fondamental, la procédure de fermeture automatique d’une classe ("emergency brake", à partir de 4 cas positifs) a été supprimée.

"L’enjeu de l’apprentissage est essentiel"

"J’ai plutôt tendance à dire qu’il était temps. En tant que parent, je suis également préoccupé par ces fermetures en cascade des classes. L’assouplissement des règles de quarantaine dans les écoles me semble être une bonne chose", concède Maxime Prévot. "L’enjeu de protection sanitaire des élèves et des encadrants est, certes, essentiel mais il ne faut pas perdre de vue que l’apprentissage, qui est un enjeu majeur, a été très largement perturbé depuis le début de cette pandémie."

"On peut intuitivement craindre que le niveau des élèves a baissé, même s’il n’existe pas de données objectives", avance prudemment le président des Humanistes. "Le gouvernement manque de proactivité en anticipant trop peu de mécanismes d’accompagnement au décrochage scolaire. On s’est juste contenté de renvoyer les jeunes chez eux forçant les familles et les jeunes à s’adapter au virtuel. Mais qu’a-t-on fait pour réellement faire en sorte que le jeune continue à garder son niveau d’apprentissage?"

La situation des enseignants: "Ils méritent revalorisation"

Le corps enseignant est aussi confronté à des périodes difficiles (taux d’absentéisme de 15%) et a déjà déposé un préavis de grève pour de meilleures conditions salariales.

"Le corps professoral mérite une revalorisation salariale et cela même indépendemment de la pandémie", reconnaît Maxime Prévot. "Avec une réflexion plus large sur de nouveaux horaires à envisager."

Le président du cdH salue aussi la prise de risque du corps enseignant au contact des élèves arguant que la "préservation de la santé est un vrai enjeu".

Les autotests conseillés par le gouvernement: "Trop chers"

Avec les nouvelles dispositions dans les écoles, les enfants ayant eu un contact à haut ne devront plus observer de quarantaine. Les ministres de la santé ont conseillé l’usage d’autotests pour élèves comme enseignants avant d’aller en classe .

"L’accès à cette forme de testing doit être popularisée, de manière financière. On peut prévoir des tests à 1 euro ou des auto-tests gratuits, dans certains cas de figure", propose Maxime Prévot.

"Les autotests coûtent cher à la population, voire trop cher pour beaucoup de familles", poursuit-il. "Actuellement, le gouvernement se donne bonne conscience en faisant porter la responsabilité, voire la culpabilité aux familles en les tenant responsables de l’apparition d’un éventuel cluster, s’ils n’ont pas eu recours aux autotests. Et cela alors que le prix de la vie et de l’énergie augmente. Les autotests rajoutent une couche de frais", a-t-il déploré, avec un tacle au passage pour la Vivaldi.

"Le gouvernement des ‘non-décisions’"

"Je souhaite que la Vivaldi retrouve une partition agréable à écouter. Depuis le début, c’est le gouvernement des ‘non-décisions’. Tous les enjeux stratégiques pour le pays sont postposés: réforme des pensions, enjeu énergétique, relance économique. Les ministres se réunissent sans jamais accoucher d’une décision qui donne un cap clair. Aucune société ne peut avancer comme cela."

Pourtant, il y a peu, le président du DCH avait annoncé que son parti se tenait prêt à monter au gouvernement fédéral si c'était nécessaire. Regrette-t-il cette annonce ou est-ce toujours le cas ? "Je ne regrette pas de ne pas être monté au gouvernement. De manière un peu ironique, quand on voit les difficultés auxquelles ce gouvernement est confronté, je pense qu'il y en a peu qui se plaignent de ne pas être à la manœuvre. Au-delà de la boutade, continue le président, jamais je ne regretterai d'avoir été intègre vis-à-vis des électeurs. 'Il faut tenir compte du signal des électeurs': c'est une petite phrase qu'on entend toujours. [...] À un moment donné, un parti ne peut pas avoir pour seul et unique objectif l'exercice d'un pouvoir. Un parti doit porter des valeurs, incarner des projets et je pense qu'il était temps pour nous - comme je pense que ce sera nécessaire à un moment pour tous les autres partis politiques - de faire un pas de côté et de faire un peu d'introspection."