Concernant l'affaire Jürgen Conings, ce militaire sympathisant des théories d'extrême droite traqué depuis plusieurs jours, Olivia Venet a expliqué que "le problème des loups solitaires a déjà été pointé par les services de renseignements, celui de l'extrême droite aussi. Or, cette affaire le montre, on n'a pas assez pris la mesure du danger de l'extrême droite dans notre pays." Pour la présidente de la Ligue des droits humains, "il n'y a toujours pas de prise de conscience suffisante du danger qu'elle représente, y compris en politique." Selon elle, c'est le rôle des partis traditionnels de proposer autre chose que l'extrême droite, "de venir avec des propositions destinées aux citoyens désenchantés par la politique." Etant donné que la pandémie a renforcé la défiance des citoyens envers les autorités, il faudrait "leur ouvrir leurs portes", a-t-elle conseillé.


Le (contre)poids des listes de l'OCAM

L'avocate a aussi tenu à réagi à la proposition de Vincent Van Quickenborne, le ministre de la Justice, dans La Libre. Pour ce dernier, "les personnes figurant sur la liste de l’Ocam (ndlr: organe de contrôle de l'analyse de la menace) devraient se voir automatiquement refuser l’accès à certains lieux ou à certaines professions." Si, pour Olivia Venet, ces listes sont bien évidemment très importantes, le problème est que les citoyens n'y ont pas accès. "Il faut que les services de renseignements fassent leur travail, mais il faut qu'il y ait en contrepartie des organes de contrôle, comme le comité R, et des recours. Si vous êtes sur cette liste et que vous vous voyez supprimer un emploi ou un accès à des lieux, vous devez pouvoir contester, vous expliquer sur les raisons pour lesquelles vous êtes sur cette liste."


La loi Pandémie

Tout autre sujet abordé ensuite : l'action introduite par la Ligue des droits humains (LDH) et la Liga voor Mensenrechten contre la légalité des mesures anti-Covid. Pour rappel, les deux instances réclamaient un cadre légal plus fort. "Cela fait longtemps qu'on dénonce le fait que les trois lois utilisées comme base légale pour restreindre notre liberté, même dans un but légitime et pour de bonnes raisons, posent question en termes de droit. On a utilisé une loi qui n'était pas faite pour ça pendant un an. Dans l'urgence, ça se comprend, mais après un an, ça ne va plus. D'autres pays ont adopté un cadre légal, je ne vois pas pourquoi la Belgique n'en serait pas capable." Or, la loi Pandémie censée fournir un cadre légal plus fort, n'a toujours pas été adoptée. "Même si le projet de loi Pandémie est critiquable, il est mieux que la situation actuelle. Et le projet sur la table est mieux que celui proposé au départ", a analysé la présidente de la LDH qui espère aboutir sur une loi solide et respectueuse des droits et libertés de tous les citoyens.

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