Sujet sensible de cette rentrée politique : la réforme des pensions portée par la ministre Karine Lalieux. Le texte, sur la table du gouvernement, a fait vivement réagir les partis belges, tant de la coalition que de l'opposition.

Du côté d'Ecolo, "on le soutient, avec quelques encouragements à faire mieux", déclare Rajae Maoune au micro de Maxime Binet, ce mardi. "On ne crie pas dans les médias avant d'avoir pris le temps d'analyser la réforme", tacle au passage la co-présidente d'Ecolo. "C'est ce qu'on a fait, la direction proposée par Karine Lalieux est bonne : ça corrige certaines injustices créées par les gouvernements précédents, mais il faut travailler encore sur certains aspects dont la création d'emplois", précise-t-elle.

Un des points qui a suscité la polémique : la retraite à 1500 euros net d'ici 2024. Une telle mesure est-elle finançable ? C'est oui pour les écologistes francophones : "C'est un point positif pour Ecolo, nous l'avons demandé avec le PS, ça va être une réalité en 2024", assure la co-présidente de parti. "Il y a aussi la possibilité d'avoir accès à la pension après 42 ans de carrière, ce qui est positif. La réforme corrige aussi une inégalité homme/femme, un point où on aimerait aller plus loin encore", a-t-elle commenté.

"On ne veut pas faire du show dans les médias"

Le contenu du texte est paru dans la presse la semaine dernière, entraînant maintes réactions, notamment du MR qui a vivement critiqué le texte. Une façon de s'exprimer qui n'est pas du goût d'Ecolo. "On préfére que les discussions se fassent au sein du gouvernement à l'abri des médias. Nous n'avons pas critiqué la ministre avant d'avoir lu la réforme, maintenant qu'on l'a vu, on peut. Mais on ne veut pas faire du show dans les médias ou sur les réseaux sociaux, on préfère venir sur le fond", a-t-elle déclaré, semblant viser directement les libéraux francophones. "Un gouvernement c'est un pacte de confiance entre les partis de la coalition. Le but de cette Vivaldi c'est aussi de montrer que la Belgique ça marche, même si on travaille à 7 partis et que certains aiment parfois faire de la musculation".


Le co-président du parti, Jean-Marc Nollet a également taclé le MR et son président concernant ses propos sur les emplois en pénurie, dans le cadre de la réforme du marché du travail. "La proposition du MR qui dit que les jeunes ne doivent plus refuser des emplois en pénurie ça me pose question. Pour le parti qui se targue d'être le parti des libertés, ça entrave beaucoup la liberté", a ajouté Rajae Maouane. "La musculation, ce n'est pas ma façon de faire, c'est une façon un peu virile de faire de la politique"

Enfin, l'invitée de Maxime Binet a réagi aux propos tenus par Josy Dubié ce week-end sur le site web de La Libre. L'ancien sénateur, qui a quitté Ecolo en 2010, a estimé que "Rajae Maouane faisait partie de la dérive communautariste du parti". "Moi je n'aime pas faire du bruit pour faire du bruit, je n'aime pas insulter pour insulter. Josy Dubié a été un grand journaliste, c'est quelqu'un qui a un passé glorieux et je vais donc me concentrer sur ce qu'il a fait en tant que journaliste", a commenté la co-présidente écologiste. Concernant les critiques visant Sarah Schlitz et sa participation à une marche réservée aux femmes vendredi dernier, Rajae Maouane a affirmé "comprendre que certaines personnes s'interrogent sur ce qu'est une marche en non-mixité". "Il faut rappeler que c'est un outil que des féministes ont mis en place pour obtenir des droits", a-t-elle précisé, donnant l'exemple des suffragettes. "C'est un moyen, ce n'est pas une finalité, pour essayer d'obtenir plus d'égalité entre les hommes et les femmes. Certains s'étonnent des réunions en non-mixité, mais on devrait davantage s'étonner qu'en 2021 on a encore besoin d'espaces non-mixtes pour être dans un espace sécurisé pour obtenir certaines choses."