Cette semaine, le budget fédéral a été bouclé. Logiquement, plusieurs critiques se sont abattues sur les partis au pouvoir. Selon l'opposition, la Vivaldi aurait laissé tomber les classes moyennes. Une critique balayée d'un revers de la main par Sophie Wilmès, vice-Première ministre MR. "Avec la hausse des prix de l'énergie, nous avons voulu aider les bas salaires avec le tarif social. Mais pas seulement", commence-t-elle. "Une exonération de l’impôt jusqu'aux salaires moyens sera également mise en place. Il s'agira d'une augmentation de 50 à 100 euros. Ce ne sera pas une aide ponctuelle mais structurelle."


L’opposition a également comparé la Belgique à la Grèce, à tort ou à raison? "Cette comparaison n’est pas juste car les situations ne sont pas les mêmes", estime la ministre des Affaires étrangères. "En revanche, il est vrai que nous sommes dans une situation qui n’est pas simple. Et que nous devons la prendre à bras le corps. En connaissance de cause, je m’étonne tout de même de certaines idées de partis qui voulaient donner de l’argent à tout le monde. Comme le fait de vouloir des trains gratuits comme l'avait proposé Paul Magnette. Ce genre de propositions est une bonne idée mais ce n’est pas possible financièrement.

Ces négociations budgétaires mouvementées vont-elles laisser des traces ? "C’est toujours difficile de conclure un accord budgétaire. Il faut constater la réussite de ce package et continuer à construire la confiance", confie la libérale, consciente que d'autres gros dossiers attendent la Vivaldi.  


"Au MR, cela représente un problème"

Pendant, cette entrevue, il aura surtout été question des chômeurs. Les tensions ont été vives entres le MR et le PS à propos des chômeurs de longue durée. "Il n'y a aucune sanction pour les chômeurs. Au MR cela représente un problème", avoue Sophie Wilmès.

En cause: les demandeurs d'emploi qui feraient preuve manifeste de ne pas vouloir retourner au travail. Avec 300 000 chômeurs pour 150 000 métiers en pénurie, la situation est problématique. "Selon le MR, il faut une adéquation entre les deux. Mais elle ne se fait pas en 'un deux trois'. Il faut des formations et d’autres choses pour faire coïncider l’offre et la demande d’emploi. Le MR ne proposait pas que les sanctions pour les chômeurs qui refusaient par deux fois un emploi convenable dans un métier en pénurie. Nous avons proposé des idées pour inciter les gens à retrouver du travail comme la défiscalisation des formations et le cumul pendant quelques mois des allocations de chômage avec le nouveau revenu. Il faut une balance entre les incitants et le fait d’y répondre favorablement. La solidarité, ce sont des droits certes. Mais c’est aussi un devoir par rapport à la société."

Une proposition refusée par le PS. "Nous ne voulons pas stigmatiser les demandeurs d’emplois. En aucun cas. Car nous savons que la majorité des demandeurs d’emplois sont dans une démarche constructive. Mais c’est vrai que comme partout, des gens ne jouent pas le jeu. Et ceux-là, il faut les sanctionner."


"De Croo est parvenu à faire quelque chose qui n'est pas simple"

Après l'acceptation de ce budget à la Chambre, il va falloir mettre en place les différentes mesures. Pour Sophie Wilmes, "il s'agit d'un package ambitieux, mais réaliste". Enfin, elle n'hésite pas à féliciter Alexander De Croo pour avoir réussi à boucler ce budget dans les temps. "Il est parvenu à rassembler toutes les idées pour accomplir un budget, ce qui n’est pas simple", conclut Sophie Wilmès.