Ensemble, ils sont revenus sur l'agression de cinq policiers à Molenbeek lundi lors d'un banal contrôle routier. Cinq jours plus tard, tous les policiers ont pu quitter l'hôpital mais trois d'entre eux sont toujours dans un état grave. "Ils sont pour trois d'entre eux en incapacité de travail pendant plusieurs semaines. Ils sont tous extrêmement choqués", déplore Thierry Belin.

"Les policiers ont tenté de faire leur travail, mais une minorité malfaisante refuse les contrôles, les règles de vie en société", déplore-t-il. Le secrétaire national tient toutefois à tout prix à éviter la généralisation. "Des gens sont venus en aide aux policiers blessés. Tout le monde a apprécié, on s'est dit qu'il y avait un déclic dans la mentalité."


"L'autorité dit aux policiers de ne pas aller dans certaines zones"

Cette agression n'est pas un fait divers mais traduit, selon lui, "un problème de violence existant dans une partie de la population". Peu après l'agression, il avait d'ailleurs dénoncé sur les réseaux sociaux des zones de non-droit à Bruxelles. "Il y a effectivement des zones de non-droit", confirme-t-il. "Mais ce n'est pas que les policiers n'osent pas aller, c'est plutôt l'autorité qui dit aux policiers 'n'y allez pas, sinon il va y avoir des émeutes'. C'est très différent. Ce sont des ordres qui viennent du dessus, à la demande du monde politique."

Thierry Belin pointe d'ailleurs une responsabilité des politiques, surtout dans la grande agglomération bruxelloise. Et de citer les actions de Philippe Moureaux et sa fille, Catherine Moureaux, à Molenbeek. "Ce n'est pas en faveur de l'ordre dans la commune", ajoute-t-il.


Si Vincent Van Quickenborne, le ministre de la Justice, voulait une tolérance zéro par rapport aux violences à l'égard de la police, force est de constater que l'agresseur, un ancien combattant de MMA, s'en est sorti avec un bracelet électronique. "C'est un message scandaleux, adressé et aux policiers et aux petits malfrats", résume l'invité. 

"Le Covid a joué un rôle, mais il n'y a pas que ça"

A la question de savoir si le Covid avait joué un rôle dans l'augmentation des violences, Thierry Belin se montre clair. "Oui, cela a joué un rôle, mais il n'y a pas que ça. On ne peut pas tout reporter sur la crise Covid." Malgré tout, le Covid a, selon un rapport de La Ligue des droits de l'Homme, augmenté les violences policières à l'encontre des citoyens. "Ils confondent violences et usage de la violence. L'usage de la force est l'apanage de la police pour faire régner l'ordre. N'oublions pas que la communication sur le Covid a été catastrophique. Faire respecter des règles mal comprises pour les policiers, c'était difficile. Et les citoyens n'étaient pas prêts à abandonner leur liberté."