Titanic en comédie musicale pour la Noël des Liégeois

Un drame authentique inspire une fête musicale dédiée à l'espoir

LIÈGE Un drame qui a fait 1.517 morts devient une comédie musicale au programme des fêtes de fin d'année, au Théâtre Royal de Liège!

A priori, cela peut surprendre. Même si ce Titanic-ci (qui n'a rien à voir avec le film de James Cameron) a reçu cinq Tony Awards pour sa carrière à Broadway.

Mais Jean-Louis Grinda, le directeur de l'Opéra Royal de Wallonie, et aussi l'homme qui a voulu que la première européenne de ce spectacle soit organisée chez lui (et entièrement en français), a une explication finalement très logique: `Le drame du Titanic s'est déroulé en avril 1912. Mais on peut penser qu'il symbolise la fin du 19e siècle. En tout cas, la fin d'une époque, celle des gens en habits, qui respectaient certains comportements et un code de dignité. Le monde qui s'écroulait en même temps que le Titanic était celui des premières classes . A l'inverse, dans les deuxièmes classes se trouvait la classe moyenne, qui cherchait à se rapprocher de la première classe et qui a fini par envahir nos pays industrialisés et par symboliser le 20 e siècle. Dans les roisièmes classes , il y avait ceux qui partaient parce que la vie n'était plus possible pour eux. Ils partaient le coeur rempli d'espoir. C'est tout cela que Peter Stone et Maury Yeston, les auteurs de la comédie musicale, ont voulu montrer. La vie à bord constituait un excellent sujet pour une comédie musicale dans la mesure où le Titanic était un endroit où l'on s'amusait. Même dans les troisièmes classes, les pauvres se trouvaient, souvent pour la première fois de leur vie, dans un contexte de vacances. Il y avait de la musique partout. Mais, évidemment, dans le contexte d'un grand spectacle joyeux, il reste cette fin. Quelqu'un m'a demandé si, à la fin du spectacle, le bateau coulait aussi. J'ai répondu que j'étais capable de beaucoup, mais pas d'éviter ça... De fait, les auteurs du spectacle m'ont raconté que ce final leur avait causé beaucoup de soucis dans la mesure où, par définition, le music-hall américain sous-tend inévitablement un optimisme inébranlable. Ils n'ont trouvé la solution que quelques jours avant la première, en songeant que les grandes aventures humaines et le Titanic en était une n'étaient que d'éternels recommencements. Les gens qui montaient à bord du Titanic partaient plein d'optimisme et on retrouve cet optimisme en regardant vers l'avenir. Or, l'avenir, à ce moment-là, c'était notre vingtième siècle!´

A cause de la Traviata

Jean-Louis Grinda a découvert ce spectacle à Los Angeles: `Je suivais notre version de La Traviata. Un soir, où nous n'avions pas de représentation, je suis allé voir ce Titanic et j'ai été formidablement conquis par le thème et par l'oeuvre. Un sujet pareil nécessitait de grands décors, des costumes, et appelait tout le cadre et les choeurs d'une maison d'opéra. Aux Etats-Unis, le spectacle était présenté avec 42 personnes sur scène et trente musiciens. Chez nous, ils seront 80 sur scène, avec cinquante musiciens. D'ailleurs, Maury Yeston, le compositeur de la comédie musicale, qui n'a jamais vu son oeuvre jouée avec autant de monde se réjouit et il viendra chez nous. Il arrivera à Liège le 12 et participera aux dernières répétitions.´

La première des dix représentations programmées aura lieu le vendredi 15 décembre à 20 heures.

Comédie musicale Titanic, au Théâtre Royal de Liège,

dix représentations du 15 au 31 décembre. Infos et réservations au 04/221 47 22.

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