Un mauvais diable pour ennuyer une jolie fée

Eddy Przybylski

La première de la comédie musicale de Philippe Lafontaine tronquée par des problèmes techniques

UCCLE Lorsque les derniers applaudissements se sont tus, à l'issue de la grande première de Célia Fée, la comédie musicale de Philippe Lafontaine, mercredi soir, au Centre culturel d'Uccle, on avait le sentiment d'une oeuvre inégale. Certes, on se prend au jeu dès l'apparition du personnage de Célia, petite fille arrivée dans une usine désaffectée où un wagonnet, une échelle, une pyramide et un ordinateur unissent leurs efforts afin de fabriquer de beaux nuages parfumés à la vanille, à la pistache ou à la groseille.

La comédie musicale est conçue pour les enfants. Mais tout le monde est pénétré d'une magie incontestable. En fait, ces machines attendent l'eau de pluie dont elles collectent les gouttes pour fabriquer leurs nuages. Mais voilà, il n'a plus plu. Et lorsque Célia arrive, elle pleure. Entendez, elle pleut par les yeux. Donc les machines vont lui demander de leur apprendre à pleurer afin de pouvoir récolter de précieuses perles d'eau.

Au passage, elles fabriquent une fleur en machine et font appel au Cyclope Ediste pour la projection d'un journal télévisé à l'image folle qui amuse énormément les enfants.

Tout cela est appuyé par une inventivité qui change du tout au tout par rapport au répertoire habituel consacré aux enfants. On est d'ailleurs dans un climat un peu Starmania favorisé par les costumes multicolores et futuristes. Une chanson comme Le tour est joué est appuyée par de la guitare disto, avec un clin d'oeil à Freddie Mercury. Toutes les chansons sont remarquables et sentent la patte de Lafontaine (écoutez donc La clef des larmes).

Pour la distribution, on vous dira que les artistes sont, à la fois, chanteurs, danseurs et comédiens. Ce n'est pas faux. Mais les deux filles sont surtout des chanteuses et les trois garçons surtout des comédiens. Merveilleux dans leur répertoire. Les orchestrations auraient pu être plus riches. Mais bon

Et puis soudain, le spectacle bascule. On se rend compte que le soleil a disparu, que c'est une catastrophe et il faut le rattraper. Ça crie façon Chantal Goya. Ça devient spectacle pour enfants caractéristique. Un peu hurlant.

Les comédiens se confinent sur un petit nuage où, pour une belle bourrée bien acadienne (Cet air-là), les mouvements sont très limités.

La magie n'opère plus de la même manière. Il reste quelques beaux effets comme celui de ce nuage qui semble voler. Mais, dans le public, on a parfois l'impression de n'importe quoi. La vérité on le saura après la représentation , c'est qu'un mauvais diable s'est emparé de cette histoire de fée. En coulisses, on subit incidents techniques sur incidents techniques. Sur scène, les comédiens doivent meubler pendant que les techniciens s'affairent. Ce qui a évidemment contribué à casser cette magie bien installée.

Il reste en tout cas un formidable travail d'acteurs, des idées d'une folie merveilleuse, des costumes de toutes les couleurs et, surtout, quatorze très belles chansons qui ont été réunies sur un album.

Célia Fée, au Centre culturel d'Uccle, jusqu'au 7 janvier (rés.: 0800/212 21). CD Célia Fée, distribution AMC.


Célia féé, la petite dernière

BRUXELLES Depuis trois ans, Philippe Lafontaine est l'heureux grand-papa d'une fillette prénommée Célia. Le bambin a tellement titillé l'imagination de son papy musicien qu'une comédie musicale en est née, intitulée Célia Fée. La grande première était donnée mercredi soir au Centre culturel d'Uccle où Célia Fée est présenté jusqu'au 7 janvier (réservations au 0800/21 221).
De Pipou à Maxime LeForestier, venu de Paris, tous ses amis étaient rassemblés autour du compositeur rayonnant, tenant sa Célia dans ses bras. Le thème de la comédie musicale, le coloris des costumes et les décors en font un spectacle pour enfants, mais aussi pour grands enfants encore capables de s'émouvoir.

L'action commence dans une usine désaffectée où les machines ont décidé - à l'unanimité! - de se mettre à fabriquer de beaux nuages parfumés à la vanille, à la pistache et à la groseille. Le problème, c'est que ces machines (un wagonnet, une échelle, une pyramide et un ordinateur) ont besoin d'eau pour faire des nuages. Et, comme elles le chantent, il n'a plus plu. Arrive une petite fille en pleurs, Célia. Elle pleut des yeux constatent les machines qui, aussitôt, lui demandent de leur apprendre à pleurer.

Après, l'histoire se complique un peu d'une recherche, à bord d'un grand nuage, vers un soleil disparu. Le charme poétique s'égare un peu. Il en reste néanmoins quatorze chansons superbes (reprises sur un album distribué par AMC). L'autre grande réussite du spectacle est le casting et surtout la révélation d'une Célia absolument fabuleuse: Mélanie Dermont, 17 ans, toujours étudiante, et issue d'une véritable dynastie du théâtre liègeois. Son père, Jean-Paul Dermont est un comédien célèbre. Son grand-père, Paul Dermont, fut un monument de la scène liègeoise avant d'être attent de la polyo, soigné dans un poumon d'acier d'où il fut un véritable porte-parole lorsqu'au début des années soixante, la médecine développa le vaccin anti-polyo.
Nathalie Stas, l'autre chanteuse, fait partie d'un groupe peu connu, mais scéniquement impressionnant, Adrénaline.
Leurs trois complices masculins, Vincent Antoine, Philippe Résimont et Pierre Bodson, ont été recrutés parmi les comédiens bruxellois. Marine Haulot assure la mise en scène comme, voici deux ans, elle l'avait déjà fait pour l'adaptation à la scène bruxelloise d'Emilie Jolie.

Le spectacle en images

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be