''Liège? Mieux que New York''

Le compositeur de la comédie musicale Titanic était ébloui, vendredi soir

LIÈGE Le naufrage arrive avec l'entracte. Ce qui signifie, en clair, que les fêtes de fin d'année proposées par l'Opéra Royal de Wallonie vont se dérouler sur fond de drame et, s'il s'agit effectivement de la première adaptation en français d'une comédie musicale qui a fait un triomphe à Broadway, on est très loin du répertoire enthousiaste d'un Cats ou même d'un Singing in the rain programmé l'an dernier au même Théâtre Royal de Liège. Ce qui n'empêche nullement le spectacle d'être somptueux.

Cela dit, il faut savoir que ce n'est pas un hasard si ce spectacle est proposé, à Liège, par une maison d'opéra. On est immensément loin d'un Notre-Dame de Paris ou d'un Ali Baba. Et tout aussi loin, d'ailleurs, du film de James Cameron. Pas question de retrouver ici les personnages incarnés à l'écran par Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. Ce Titanic-ci est simplement autre chose qui tient totalement de la tradition des music halls à l'américaine. La partition est de la famille de celle des Misérables par exemple.

Cela étant précisé ce qui s'impose , on s'assied et on assiste donc à la découverte d'un spectacle attendu depuis très longtemps. Le traditionnel rideau est remplacé par un pan en faux métal gris, censé représenter une paroi du bateau. Avec en lettres rouges le nom de la compagnie qui lança, en 1912, le fier Titanic: la White Star Line.

Au lever de ce singulier rideau, apparaît le quai d'embarquement à Birmingham, avec la passerelle qui mène sur le pont. Quelques scènes d'adieux, quelques déclarations d'orgueil de la part de passagers fiers d'embarquer sur un tel navire et parmi tant de personnalités célèbres. Les officiers sont là aussi pour faire les honneurs à leurs hôtes.

A la vérité, durant toute la première partie, on se demande quand même comment ce spectacle a trusté aux Etats-Unis tant de récompenses prestigieuses.

Certes, on retrouve, en plein éclat, ce qui caractérise avant tout les grands spectacles de Broadway: les décors somptueux qui changent en un tour de main de manière quasiment magique. Le géant des mers apparaît sur trois étages avec, à son sommet, la passerelle des officiers. Au milieu, le pont pour les promenades. En dessous, de grosses portes qui s'ouvrent et se ferment sur des décors qui changent: la salle des machines, le fumoir des premières classes, le bar des troisièmes classes, la salle du télégraphiste

Les décors sont tous somptueux et, plus encore, la manière de les amener. Mais cette première partie n'est en fait qu'une longue mise en place des personnages et des faits qui vont, plus tard, concourir à installer l'émotion.

Mais le mot est lâché. C'est vrai que cette première partie narrative manque d'émotion. Sauf pour un magnifique duo entre un modeste machiniste et le jeune opérateur radio (un étonnant chanteur français, Vincent Heden, qui, dans le cadre de sa formation, a notamment suivi des stages chez Francis Cabrel).

Mais toute cette émotion qui fait défaut jusqu'au choc avec l'iceberg remonte en masse pour la deuxième partie du spectacle qui s'ouvre sur le fameux grand escalier. Impossible de rester insensible. Beau, grandiose, prenant. Maintenant, on comprend les fameux Tony Awards décernés à New York.

Cela dit, vendredi, à Liège, pour la grande première de Titanic, le compositeur de cette comédie musicale était dans la salle et, après la représentation, Maury Yeston affirmait haut et clair que `Liège, c'est mieux que New York!´. Ici, quatre-vingts personnes sont sur scène pour trente-sept à Broadway. Cinquante musiciens dans la fosse d'orchestre pour vingt à New York. Et surtout, les décors sont en dur alors qu'à Broadway, ils étaient en toile.

Au Théâtre Royal de Liège, jusqu'au 31 décembre. Rés.: 04/221 47 22

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