Le 14 avril dernier, lors du dernier Comité de concertation en date (Codeco), il avait été annoncé que le prochain, programmé ce vendredi 23 avril, serait consacré à l’Horeca et à la culture. Si pour le premier secteur, les lignes tracées semblent de plus en plus claires, mais pas forcément bien acceptées par tous, il en va tout autrement pour le second. Le flou est encore complet, tout juste sait-on que les propositions mises sur la table par les acteurs culturels n'avaient pas les faveurs de tout le monde. Jan Jambon et son gouvernement, tout comme celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles l'ont soutenu. D'autres aussi mais il n'y a pas consensus et les choses se discutent actuellement puisqu'il y a aussi un autre plan sur la table, mais qui ne conviendrait pas aux secteurs. Voilà qui explique l’appel à la mobilisation de quelques 90 lieux culturels qui menacent d’ouvrir leurs portes entre le 30 avril et le 8 mai.

Une rare union sacrée

Face à cette situation dans laquelle les organisations culturelles se sentent de plus en plus méprisées, plusieurs proches du dossier nous font remarquer un fait rare : il existe une union sacrée entre les acteurs subsidiés et ceux qui ne le sont pas. C’est ensemble qu’ils ont défendu un plan de déconfinement progressif qu’ils ont soumis aux décideurs politiques et aux experts. Pourtant, personne ne s'y retrouve. Imaginer des événements avec des jauges fixées à 100 personnes en intérieur et 200 personnes en extérieur n’est certainement pas rentable pour ceux qui ne bénéficient pas de subsides. Difficiles dans ce cas d’imaginer ces derniers se lancer dans l’aventure. Certainement pas tous. Mais il y a urgence vu la précarité qui s'est installée et il faut bien commencer par quelque chose, nous dit-on. Des spectacles sont prêts dans le secteur subsidiés mais peu pourraient se jouer devant peu de monde.

Trois mois de "gagnés"?

Ça ne grogne pas que du côté francophone, loin de là. Il nous revient que du côté flamand les grands protagonistes de la culture, on pense au KVS notamment, sont aussi très mécontents. En particulier contre les virologues.

S’il apparaît que les terrasses dans l’Horeca rouvriront le 8 mai, pour les lieux culturels indoor, il ne faut rien attendre avant le 8 juin nous dit-on. Le 8 juin ? Autant dire le mois de septembre. En effet, qu’elle est la logique de rouvrir partiellement quand la grande majorité des théâtres ferment pendant les mois d’été ? “Cynique, non ?”, nous glisse de multiples sources proches du dossier. "Inacceptable, même alors que tout indique que ces lieux sont sûrs", ajoutent-elles. S'ils peuvent toujours ouvrir symboliquement, cela signifierait encore moins de spectacles, moins longtemps. Et ce seraient en tout cas trois mois de "gagnés" pour les autorités, même si certains lieux ne manqueront pas de mettre la période à profit malgré tout.

Étant donné ce qu’il y a sur la table, ce Codeco du 23 avril, en théorie consacré à la culture, semble bien parti pour ne faire que… pschiiiiiiiit et creuser un peu plus, si tant est que c'est encore possible, le fossé avec les décideurs.