Divers Avant de nous plonger dans les œuvres de Brueghel, Alfavision nous a immergés dans le Bruges moyenâgeux.

La réalité augmentée joue un rôle de plus en plus grand dans les expositions. On le verra prochainement dans celle consacrée à la Porte de Hal à Brueghel, qui a vécu dans les Marolles toutes proches, une exposition proposée par le Musée Art&Histoire qui a fait appel pour l’occasion à la société brugeoise Alfavision dont on avait déjà pu apprécier la qualité du travail à l’occasion de la visite virtuelle de l’abbaye des Dunes à Coxyde.

Véritable carte de visite d’Alfavision, l’Historium de Bruges ne manque pas d’impressionner les visiteurs. Ouvert depuis le 22 novembre 2012, il est désormais le musée le plus visité de la ville la plus visitée de Belgique. "Nous sommes une structure privée à la base mais la ville a décidé d’y ouvrir un point d’information", explique Els De Rooy, cofondatrice d’Alfavision avec son mari Hans Van Damme et qui, avec d’autres, ont ouvert l’Historium.

Au n°1 du Markt (Grand-Place), vous pénétrez dans un bâtiment néogothique vieux d’environ 120 ans. C’est là que l’Historium vous permettra de plonger en 1435, lorsqu’à cet endroit se dressait la Waterhalle, un formidable bâtiment de 95 mètres de long, véritable port et marché couvert d’où les marchandises affluaient de toutes les régions du monde connu, notamment les villes hanséatiques et italiennes, et qui faisait de Bruges le centre de ce monde, où vivaient les principaux marchands, artisans, artistes dont le célèbre Jan van Eyck qui peint alors la Madone au Chanoine Van der Paele, chef-d’œuvre destiné à la cathédrale Saint-Donatien (aujourd’hui disparue) et conservé désormais au musée Groeninge.

Lors de la visite de 35 minutes, équipés d’un audioguide (dix langues disponibles !) vous passerez par sept salles. "Nous ne sommes pas un musée en ce sens que nous n’avons pas d’objets d’époque ; le visiteur passe par des décors immersifs où la vidéo et les images de synthèse se mélangent. Si les personnages sont fictifs, un comité d’historiens a validé l’ensemble des informations reprises dans l’audioguide", explique Stijn Boone, operation manager de l’Historium, tandis qu’Els De Rooy précise : "Toute la technologie est cachée afin que le visiteur puisse vraiment profiter de ce retour de près de six siècles en arrière. Si la Waterhalle, construite en 1294, fut détruite en 1787, le canal, lui, est toujours sous le bâtiment actuel mais n’est pas accessible."

Raconter ce bâtiment, c’est faire revivre l’âge d’or de la Venise du Nord. La visite se complète d’un voyage en réalité virtuelle de 7 minutes qui vous ramène sur un bateau rempli de marchandises, pénétrant depuis la mer via Sluis, dans le port de Bruges. Un trajet fascinant au cours duquel vous vous rendrez compte de la quantité impressionnante de navires qui entraient et sortaient de la ville portuaire de 40000 habitants intra-muros (soit deux fois plus qu’aujourd’hui).

Pour Alfavision, l’Historium fut le début d’une belle aventure et nombreux sont les villes qui désormais font appel à la société pour compléter le musée par cette touche de réalité virtuelle dont les professeurs d’histoire sont friands, trouvant là un outil idéal pour rendre vivante la matière qu’ils enseignent. "Nous avons été le deuxième musée au monde à proposer ce voyage en réalité virtuelle, poursuit Els De Rooy. Bakou, en Azerbaïdjan, souhaite également faire revivre son riche passé. Nous avons aussi été sollicités pour l’Agneau mystique, à Gand."

La balade dans le temps effectuée à l’Historium nous fait découvrir Bruges avec des yeux neufs.