Une dizaine de théâtres bruxellois (dont La Balsamine, Le 140, le Rideau de Bruxelles, la Montagne Magique, la Guimbarde ou encore le Théâtre Varia) ainsi que des centres culturels (La Vénerie, Le Senghor, etc.), des associations professionnelles d'artistes (l'ARFF, Asspropro, Aires libres etc...) et le cinéma Nova ont rédigé un communiqué adressé aux ministres compétents pour dire leur opposition claire et nette à l'instauration d'un Covid Safe Ticket prévu pour débuter le 1er octobre. Le voici au complet:

"Mesdames et Messieurs les Ministres,

Par la présente, nous tenons à vous informer de notre désaccord total concernant l’instauration d’un Covid Safe Ticket et vous annoncer que, sans une possibilité actée dans l’ordonnance de Bruxelles-Capitale d’utiliser le CIRM (une check-list qui permet à l'exploitant d'une infrastructure permanente de passer au crible les risques liés à la Covid-19 pour son infrastructure, Ndlr.), certains opérateurs refuseront purement et simplement de l’appliquer et n’hésiteront pas à manifester.

En effet, ce mécanisme est contraire à toutes les valeurs défendues par la culture qui :

- Garantit un espace protégé à la liberté d’expression et d’opinions

- Assure la démocratisation effective en permettant l’accès de tous les publics

Les opérateurs culturels rassemblent et font lien avec toute la population, sans exclusion. Nous refusons de participer à la division de la société et à la stigmatisation de certains publics."

"Nous ne sommes pas des agents de la force publique"

"Par ailleurs, les opérateurs culturels ne sont pas des agents de la force publique, poursuit le communiqué. Leur imposer une obligation de contrôle des publics est encore une mission en totale contradiction avec les valeurs qu’ils portent.

Nous rappelons que d’un point de vue épidémiologique, le Covid Safe Ticket ne garantit pas l’absence de transmission du virus. Le public vacciné pouvant être porteur du virus et le transmettre au public qui présente un test négatif lors de la représentation puisque le public est sans masque dans ce cadre.

Nous déduisons donc de cette nouvelle obligation, un enjeu politique, celui de la vaccination des publics (jeunes y compris). Cette question est politique et ne concerne pas les opérateurs culturels qui ont pour seule mission de garantir la sécurité des publics qu’ils accueillent.

Aujourd’hui, nous refusons d’être instrumentalisés dans votre gestion de crise hasardeuse (premier secteur fermé, dernier secteur ouvert, incitant à la vaccination) ÇA SUFFIT ! Nous demandons et accepterons uniquement des conditions qui permettent la sécurité sanitaire de nos publics.

Nous rappelons que des études internationales et maintenant belges attestant que les lieux culturels ne sont pas des lieux de contamination (pour rappel, des événements tests à 100% de jauge avec masque ont été réalisés et ont démontré la non dangerosité de nos activités).

Nous demandons donc avec fermeté de pouvoir utiliser le CIRM : 100% CIRM en tout public et en scolaire avec masque au-dessus de douze ans. Le Covid Safe Ticket doit rester optionnel et ne peut en aucun cas concerner les publics de moins de 18 ans qui devraient uniquement être soumis à l’obligation de porter le masque en tout public et en scolaire."

"Des réactions violentes"

"Par ailleurs, nous vous informons que l’annonce de l’instauration d’un Covid Safe Ticket entraîne des réactions violentes de nos publics, conclut le communiqué. Certains annulant toutes leurs réservations et assurant qu’ils ne reviendront pas dans les lieux qui imposent cette obligation en totale contradiction avec les valeurs portées par la culture. Cette situation, qui est de votre unique responsabilité, est également imputée aux opérateurs par des mails et des appels violents.

En outre, elle aura clairement un impact sur la viabilité économique des opérateurs et des travailleur.euse.s du secteur. Pour les raisons évoquées, nous vous demandons de revoir votre position et d’acter que le CST reste optionnel."

En résumé, ces différents acteurs culturels réclament donc l'annulation de l'obligation et que le Covid Safe Ticket reste un outil optionnel. Une rencontre est prévue entre ces acteurs culturels et les autorités ce jeudi pour en débattre.