Jane Birkin interprète sur scène les plus grands succès de son ancien partenaire.

Comment j’ai pu te perdre, comment te faire revivre ?", se questionne la muse de Serge Gainsbourg, quelques jours après sa mort, en mars 1991. En le chantant sur scène, de toute évidence. Pour commémorer les 25 ans de sa disparition, le spectacle "Birkin/Gainsbourg, le symphonique" voit le jour en 2016. Elle y interprète les plus grands succès de son ancien compagnon sur des arrangements de Nobuyuki Nakajima, pianiste, compositeur et arrangeur japonais. L’événement tourne encore jusqu’en mars 2020 sous le nom de "Birkin/Gainsbourg, symphonie intime" et sera de passage en Belgique en février à deux reprises. Accompagnée par huit musiciens, Jane Birkin reprend le répertoire de son mythique acolyte en version orchestre de chambre. "J’ai beaucoup de plaisir et de fierté quand j’arrive à bien chanter et que les gens sont émus."

Elle le fait revivre aussi, en allant à des endroits où il n’a jamais pu aller, comme Hong-Kong. "Je le fais voyager depuis 25 ans. C’est gai d’expliquer, de parler de lui. Ce n’est pas un devoir, pas du tout. J’ai eu les plus jolies chansons, comme "Les dessous chics" et "Fuir le bonheur", c’était pour moi des cadeaux énormes. Ça me fait plaisir de rechanter ces chansons."

Depuis le début de sa carrière, la chanteuse est régulièrement confrontée à la peur de monter sur scène, même si elle a depuis appris à la canaliser. "La panique pure n’est plus là mais je ne veux pas enlever le trac car j’ai le sentiment qu’il ne faut pas rendre cela agréable, il faut rester alerte. Comme un lapin devant les phares d’une voiture. S’il n’y a pas de phare, on marche en plein jour mais cela touche moins les gens. Je veux bien souffrir un peu pour ça."

À la fin de cette tournée, d’autres projets se dessinent, dont un nouvel album de compositions originales. Étienne Daho, l’accompagne dans l’écriture et la réalisation. "Il va sortir d’ici un an. On a déjà fait la moitié mais là je n’ai rien foutu depuis six mois donc il faut qu’on s’y remette. La plupart des chansons seront en français. Étienne Daho est un garçon qui me porte. Depuis six ans maintenant, on a appris à se connaître. Il m’invite à écrire, il m’encourage." Si son dernier opus composé de ses propres chansons date de 2008 avec Enfant d’Hiver, c’est notamment parce qu’elle voulait laisser la place à sa fille, Lou Doillon.

"À l’époque, je voulais que l’on découvre Lou, pas moi. Maintenant qu’elle est devenue une personne à part, spéciale, alors je m’y suis remise."

En concert le 20/02 au Cirque Royal (Bruxelles) et le 21/02 au Théâtre Royal de Mons.