Divers Une partie du monde politique wallon a manifesté son soutien à la rédaction de manières variées.

Mercredi matin, les journalistes des rédactions (nationale et régionales) du quotidien L’Avenir réunis en assemblée générale à Namur ont voté à une très large majorité (68 voix pour et 7 abstentions) le départ en grève pour 24 heures. Le travail reprendra jeudi matin mais d’autres actions "plus créatives", - selon les termes de la secrétaire générale de l’AJP (association des journalistes professionnels), Martine Simonis -, sont prévues pour la suite.

L’assemblée générale de mercredi matin fait suite à un préavis de grève qui avait été déposé au début du mois de juillet. À l’époque, la rédaction de L’Avenir déplorait l’attitude de la direction du quotidien. "Il s’agit pour le personnel d’exiger le respect de la charte d’indépendance rédactionnelle. Celle-ci est violée dans ses dispositions relatives aux recrutements et aux nominations au sein de la rédaction. Ces derniers jours, la direction a encore pris des décisions de nominations ou de non-nomination, de manière unilatérale. Méprisant au passage les avis des deux rédacteurs en chef adjoints", expliquaient, à l’époque, les représentants du personnel.

Près de 24 heures avant l’échéance du préavis de grève et la tenue de l’assemblée générale, la direction du groupe avait répondu dans trois courriels distincts aux revendications du personnel, notamment celle qui porte sur l’indépendance rédactionnelle. Une réponse qui ressemblait "furieusement à une déclaration de guerre", selon la rédaction. Il faut savoir que le mouvement de grogne à L’Avenir est mené par la SDR (société des rédacteurs) et les délégués AJP de la rédaction. La direction a fait valoir que la SDR et l’AJP s’attribuaient "un rôle syndical", jugeant dès lors que le préavis de grève était "irrecevable" et que la participation aux assemblées générales qui seraient organisées sans que la direction n’en soit avertie 48 heures à l’avance "sera considérée comme une absence injustifiée du poste de travail et ne sera pas rémunérée".

La direction précisait aussi que la présence de la secrétaire générale de l’AJP dans les murs de l’entreprise n’était plus souhaitée.

Des annonces de la direction qui n’ont manifestement pas eu d’effets, puisque l’assemblée générale s’est bel et bien tenue ce mercredi et en présence de Martine Simonis.

Des propositions de décret

Le monde politique wallon s’est par ailleurs manifesté. Le chef de groupe PS au Parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne a affiché son soutien au personnel de L’Avenir tout en précisant qu’à "ce stade, notre champ d’action est malheureusement limité à ce témoignage de solidarité. Seul le gouvernement régional sortant (MR-CDH - NdlR ) dispose des leviers éventuels de contrainte sur l’actionnariat de L’Avenir".

Au CDH, François Desquesnes et Alda Greoli (en tant que députée et pas en tant que ministre sortante) ont déposé deux propositions de décret visant à sortir L’Avenir de Nethys toujours dirigé, rappelons-le, par Stéphane Moreau. Le gouvernement wallon est resté très discret. Et la direction de L’Avenir n’a pas réagi à l’annonce de la grève.