Divers La photographe officielle du président américain est belge. Rencontre avec Régine Mahaux, qui expose à Bruxelles.

"Je voulais montrer la civilisation américaine et l’évolution de ce pays qui est basé sur une grande liberté, la joie et le non-jugement", confie la photographe Régine Mahaux, 53 ans, à propos de l’exposition "Hors Cadre" dans laquelle elle montre des portraits de stars et de la communauté LGBT, à mi-chemin entre le sublime et le provocant. "Quand j’avais 17 ans et que j’allais aux États-Unis, ma famille américaine allait faire ses courses avec des bigoudis sur la tête. Et je me disais : ‘Oh mon Dieu !’ Ne faut-il pas leur demander de les enlever ? Mais non car il y a un côté chez les Américains où l’on est moins dans le jugement que chez nous. Au fur et à mesure, je suis donc tombée sur des couples ou des quidams dans la rue qui m’ont touchée autant que les célébrités !" Et celle qui vient de boucler un touchant reportage pour Paris Match sur le pilote Antoine Hubert décédé à Spa-Francorchamps ce week-end de poursuivre : "L’Amérique a ce côté paradoxal de ‘riche et célèbre’ mais aussi des gens qui sont ce qu’ils sont. Ils aiment être photographiés, ils sont dans le plaisir et le partage tout à fait naturel. Et moi, j’aime ne pas toujours montrer la même chose."

Que se passe-t-il hors cadre ?

"Beaucoup de choses. Ce qui est intéressant, c’est tout le chemin pour en arriver là. Du hors-cadre, il y en a de deux sortes : les photos commentées par la presse ou par les stars elles-mêmes où l’on communique ou annonce quelque chose, mais aussi le fait de se promener dans la rue ou dans un aéroport et de découvrir les choses que la vie nous offre. J’aime beaucoup ce côté reportage car quand vous vous promenez, vous recevez. La partie célébrité est plus une partie programmée, réalisée et préparée. Cela n’a donc rien à voir. Les deux partent de l’œil du photographe et de la transmission artistique. Mais il est vrai que les USA m’ont toujours beaucoup inspirée. Je photographie l’Amérique telle que je l’ai connue depuis mon adolescence et qui me réconcilie avec cette grande diversité, légèreté et le respect de l’autre."

Les Américains sont plus libres que nous ?

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