Jacques Mercier ne perd pas le sourire. Et applaudit chaque soir à sa fenêtre.

Homme de plume autant que de radio, Jacques Mercier a répondu prestement à notre demande : raconter son confinement et nous dire, aussi, ce qu’il avait redécouvert du fait d’être, comme nous tous, enfermé chez lui… " La chose qui frappe le plus, c’est le temps : le temps s’est allongé. Donc, on peut prendre le temps de téléphoner, de prendre des nouvelles. J’ai eu au téléphone mes amis les plus proches et, par exemple, Salvatore Adamo, qui ne peut pas donner de concerts ou voyager. On garde notre sens de l’humour : puisqu’on a le même âge, il me dit de bien penser à aller dans les grands magasins entre 8 h et 9 h. Philippe Geluck m’envoie aussi les dessins les plus drôles sur le sujet", nous écrit Jacques.

" C’est évidemment le moment de discuter avec les enfants et les petits-enfants. On dirait que les WhatsApp et Skype ont été inventés juste à temps pour ce genre de catastrophe. Ça nous permet de nous dire qu’on se manque et qu’on s’aime. Je découvre la générosité de mes enfants : ma fille conseillère conjugale prodigue des conseils gratuits aux couples qui en ont parfois besoin avec ces confinements !"

Et, puisque Jacques a fait sienne cette phrase des Monty Python : "always look at the bright side of life", il ajoute : " En couple aussi, les événements permettent de plus longs repas avec des conversations sur la vie, l’amour et la mort ."

" Pour le reste, les instants de la vie - surtout quand on se trouve dans les âges plus fragiles - ont une saveur particulière : hier soir, j’ai réécouté sur YouTube deux heures d’un concert de Frank Sinatra dans les années 60. Je ne l’aurais jamais fait en temps normal", poursuit-il. " Je relis les philosophes. J’écris de courts haïkus, ces petits poèmes que je remplis d’espoir pour ceux qui en ont besoin et que je poste à l’aube sur mes réseaux sociaux ."

Avant d’en venir à l’essentiel : " Le plus important est de se sentir relié aux autres, à l’humanité entière et surtout d’être en admiration totale devant ceux et celles qui se dévouent, prennent des risques, des infirmières jusqu’aux policiers, facteurs, etc. J’applaudis à ma fenêtre, ça va de soi !"