Il avait incarné Dieu dans Le créateur d'Albert Dupontel, un organiste nu dans Monty Python's Flying Circus ou la mère du nouveau messie dans La vie de Brian. Il est décédé ce mardi après "une longue et extrêmement courageuse bataille, toujours dans la bonne humeur, contre une forme rare de démence".

C'est un triste jour pour l'humour anglais dans sa forme la plus absurde. Mardi soir, un des membres les plus délirants des Monty Pythons, Terry Jones, nous a quittés à l'âge de 77 ans. La nouvelle a été transmise ce mercredi par sa famille, via un communiqué bien dans l'esprit de cet homme qui n'avait jamais rien pris au sérieux: "Nous sommes profondément attristés d'annoncer le décès de notre mari adoré et père, Terry Jones, après une longue et extrêmement courageuse bataille, toujours dans la bonne humeur, contre une forme rare de démence, FTD (démence frontotemporale, ndlr)."

Sa femme, Anna Soderstrom, qui se trouvait à ses côtés a donné quelques précisions qui en disent long sur la personnalité de Terry Jones. "Ces derniers jours, sa femme, ses enfants, sa famille au sens large et de nombreux amis proches ont entouré constamment Terry alors qu'il s'éteignait doucement dans sa maison du Nord de Londres. Nous avons tous perdu un homme gentil, amusant, chaleureux, créatif et vraiment aimant, dont la singularité sans compromis, l'esprit insatiable et l'humour extraordinaire ont donné du plaisir à d'innombrables millions de personnes durant six décennies."

Résumer la carrière de ce touche-à-tout est virtuellement impossible. Il a écrit une vingtaine de livres pour enfants, adorait tout ce qui concernait le Moyen Âge, a incarné Dieu dans Le créateur d'Albert Dupontel, un organiste nu dans Monty Python's Flying Circus ou la mère du nouveau messie dans La vie de Brian dont il avait aussi assuré la réalisation. "Il était bien plus que l'un des acteurs écrivains les plus drôles de sa génération, explique son complice de toujours, Michael Palin. C'était un auteur, un réalisateur, un présentateur, un historien, un brillant auteur de livres pour enfants et le plus chaleureux et formidable compagnon que vous puissiez espérer."

D'une audace sans nom, capable de prendre les voix fluettes les plus improbables, il n'aimait rien tant que réaliser des films. "Là, on je joue pas seulement les choses, on les dirige. Quand on tournait les shows télé des Monty Pythons, j'étais vraiment pénible pour les autres..." Pourtant, il avait le sens du collectif. “Si nous riions tous les six à une blague, alors seulement on se disait: C'est OK, on peut avancer. Pour moi, c'était ça qu'il fallait reproduire à l'écran, ce moment où, durant la lecture, nous rigolions tous." 

Pour se définir, il reprenait souvent une phrase de La vie de Brian, lorsque la maman qu'il incarne dit à propos de son fils: "Ce n'est pas le Messie, c'est un vilain garçon." Le "naughty boy" a joué un vilain tour à tous ses camarades lorsqu'en 2016, il fut atteint de démence. Ses propos sont alors progressivement devenus inaudibles. Il nous a quittés mardi soir. C'est bien la première fois qu'il nous fait pleurer sans que ce soit de rire.