Divers Il a été incarné brillamment au cinéma par Willem Dafoe, Kirk Douglas ou Jacques Dutronc.

La plupart des grands peintres (Picasso, Rembrandt, Vermeer, Pollock, Toulouse-Lautrec, Gauguin, etc.) ont connu les honneurs posthumes d’une biographie au cinéma. Mais aucun aussi souvent que Vincent Van Gogh. Alors qu’on compte pas moins d’une petite dizaine de longs métrages sur cet artiste hors normes, qui n’a pourtant vendu qu’un seul tableau de son vivant (La Vigne rouge à Montmajour), Julian Schnabel vient encore de proposer un biopic très différent des autres, At Eternity’s Gate. Avec le formidable Willem Dafoe dans le rôle principal.

L’idée, dans cette nouvelle fiction, n’est pas tellement de relater la vie et l’œuvre de l’artiste hollandais. Mais plutôt d’apporter un regard différent sur ses toiles en nous montrant le monde tel qu’il le voyait. Fou amoureux de la nature, Van Gogh passait ses journées à l’observer sans chercher à la reproduire fidèlement sur toile. La lumière était au centre même de son travail, cette lumière qu’il percevait très différemment, qui pouvait rendre son environnement tout à fait flou, enveloppé d’une légère brume ou éclatant de chaleur.

Cette approche, déroutante, ne permet pas nécessairement de mieux comprendre l’homme, mais offre matière à réflexion sur ses représentations les plus célèbres.

Elle diffère radicalement du Van Gogh de Maurice Pialat, axé sur la fin de la vie d’un incompris, à la fois convaincu par ses qualités artistiques et dans le doute le plus complet concernant sa capacité à nouer des liens sociaux ou amoureux. Ici, l’optique était avant tout humaine. Jacques Dutronc y avait trouvé un de ses plus beaux rôles, qui lui valut d’ailleurs le César du meilleur acteur en 1992.

Deux films à voir en complément de La vie passionnée de Vincent Van Gogh, réalisé en 1956 par Vincente Minnelli. Comme son titre l’indique, il s’agit plus d’une biographie au sens classique du terme, axée sur les étapes clés de la vie du Hollandais. Contrairement à Schnabel ou Pialat, le parti-pris n’est donc pas aussi marqué. Mais il s’agit d’une œuvre hollywoodienne, avec tout ce que cela suppose de glamour. Anthony Quinn, pour son rôle de Gauguin, reçut l’Oscar du meilleur acteur. Kirk Douglas, pourtant fabuleux dans le rôle principal, dut, lui, se contenter d’une nomination. Qu’importe : sa prestation fait partie de l’histoire du cinéma, désormais.