Petite escapade dans le savoir-faire bruxellois à l’occasion des BEL Experience Days, les 14 et 15 décembre.

Le week-end prochain, 33 membres du BEL vous ouvriront leurs portes, une occasion idéale de découvrir des lieux, des métiers, des savoir-faire, des hommes et des femmes aux talents rares. Ce BEL (Brussels Exclusive Labels) est une association de commerçants et d’artisans qui existe depuis 83 ans : savoir-faire, excellence, service, expérience sont leurs maîtres-mots. “Nous préférons parler de savoir-faire plutôt que de luxe, terme galvaudé aujourd’hui”, explique Sophie Helsmoortel, présidente du BEL et directrice de la maison Cachemire Coton Soie à Ixelles. “Les 14 et 15 décembre, nous ouvrons les ateliers de ces maisons aux disciplines différentes mais toutes situées à Bruxelles. En 80 ans, s’il y a eu des crises, il faut surtout noter que le label a réussi à s’adapter à l’évolution des villes, des clients, à l’apparition d’internet.”

Comment devient-on membre du BEL ? “Un comité analyse les candidatures et opère une sélection, selon les secteurs. On se centre sur la qualité, l’excellence dans son métier.”

Chez Cachemire Coton Soie, Sophie Helsmoortel accueillera Christine Bekaert, une créatrice belge de bijoux de fantaisie qui va démontrer comment elle dessine et compose des boucles d’oreille, bijoux et autres ornements.


Maxime, sixième génération des joailliers Leysen

Véritable institution dans le centre-ville de Bruxelles depuis 1855, rue de Laeken d’abord puis rue Marché aux Poulets, le joaillier Leysen s’est ensuite installé au Grand Sablon en 1979 où il bougea encore plusieurs fois avant de s’installer au lieu actuel, au coin de la rue Ernest Allard. “On change tous les dix ans”, sourit Maxime Leysen qui représente la 6e génération de joailliers. “Le joaillier part des pierres précieuses pour créer alors que le bijoutier utilise la matière de l’or à laquelle il adjoint des pierres. Le core business de notre maison, c’est le sur-mesure. Il n’y a pas de budget ni vers le bas ni vers le haut. On souhaite rencontrer le client, connaître ses desiderata puis créer le bijou le plus adéquat. Quand on dit que le budget n’a pas d’importance pour nous, il faut comprendre par là qu’on écoute le client puis on se demande si on est en mesure de répondre à sa demande en fonction de son budget.”


Et si le sur-mesure peut paraître intimidant voire hors de prix de prime abord, au fil de la conversation avec Maxime Leysen, on se rend compte au contraire qu’il est peut-être plus avantageux de venir là pour y trouver l’objet qui correspond parfaitement aux souhaits du ou de la client(e) que dans une grande maison internationale où ce qu’on paie très cher, c’est la marque.

Comme pour les vêtements, il existe des modes pour les bijoux. “Elles sont beaucoup moins volatiles – on est plutôt à des tendances pour chaque lustre ou chaque décennie. On revient pour l’instant aux années 30, Art déco. Et puis, à côté, le solitaire reste, lui, intemporel.”

Le public pourra visiter l’atelier, voire venir avec ses bijoux sales, la maison se chargeant de le nettoyer, de le polir… “En règle générale, on transforme aussi des bijoux anciens pour les remettre à la mode, comme des broches, par exemple, qui ne se portent plus du tout.”


Bien ancré à Bruxelles, Leysen a des clients à l’étranger et a noué un partenariat avec un groupe chinois. “Le fait que nous soyons fournisseurs de la Cour nous a fait connaître là-bas. Les Chinois sont très sensibles à ce genre de chose.”Les créations Leysen portent le poinçon de la fleur de lys. “Quel que soit le bijou que nous créons, l’équipe a la volonté d’atteindre la perfection.”

Maxime terminera par une anecdote. “Durant la guerre 40-45, les bijoux ont été cachés dans les murs de la maison de la rue Marché aux Poulets. La paix revenue, ils furent ressortis. La plus belle pièce était un diamant bleu, vendu pour relancer les affaires à ce moment-là, et qu’on a racheté trente ans plus tard avant de le revendre en 2000. Ce diamant est comme le symbole de la maison.”

Jean Bernard

Le savoir-faire bruxellois sera à découvrir le week-end prochain dans les 33 maisons participant au BEL Experience Days.

Bernard Demoulin