Divers Le prêt de médias tel qu’on le connaît devrait prendre fin en décembre 2020.

Ce jeudi, le conseil d’administration de Point Culture (ex-Médiathèque) se réunit pour donner son feu vert à la liquidation d’une grande partie de la collection de CD, DVD et jeux vidéo amassée patiemment depuis des années. Si le conseil d’administration donne son accord, seul un exemplaire de chaque média serait conservé et celui-ci ne serait plus accessible que sur réservation. Le Point Culture de Namur a ouvert le bal il y a deux semaines en vendant ses médias aux particuliers pour trois fois rien (1 euro le CD, 2 euros le DVD et 3 euros le jeu vidéo). Le dernier Point Culture qui proposera des médias sera celui de l’ULB, jusqu’en décembre 2020. Les deux derniers discobus en circulation arrêteront quant à eux leurs activités en octobre 2020.

La liquidation d’une grande partie de la collection serait inévitable, à en croire Pierre Hemptinne, directeur de la médiation culturelle de l’ASBL. "Je suis le premier à regretter que les médiathèques ne fonctionnent plus comme avant. Mais c’est une réalité, les gens ne viennent plus. Stopper le prêt est une décision de bon sens par rapport à l’argent public", indique-t-il.

Mais, pour le comité d’usagers de la médiathèque, la fin du prêt de médias plongerait l’institution "dans une voie sans issue" . Le comité réclame un moratoire à effet immédiat et prévoit une action symbolique jeudi à 16 h 30 devant le siège de Point Culture à Auderghem.

"La fin du prêt serait dramatique. Tout n’est pas trouvable sur Internet. Avec la dématérialisation des supports, on perd de nombreuses informations, comme celles qui sont sur les livrets des CD ou les bonus des DVD… Bousiller une telle collection représente une grande perte", regrette Aristide Bianchi, usager de la médiathèque.

"On est conscients qu’il y a moins de monde qui vient emprunter des médias que par le passé. Mais il faut que les collections soient sauvegardées et qu’on puisse continuer à les alimenter, sinon on assistera à un appauvrissement de l’accès à la culture dans notre pays. Il a été décidé qu’un seul média serait conservé par référence et que ce média pourrait être accessible sous réservation. Mais ce n’est pas suffisant. Si on prend l’exemple d’un album comme Abbey Road des Beatles, qui est encore régulièrement demandé, il faudra des semaines pour pouvoir y avoir accès. Les gens ne vont jamais rien commander" , redoute David Ménnessier, responsable syndical et ancien responsable des collections de la Médiathèque.

Ce dernier espère que la nouvelle ministre de la Culture Bénédicte Linard saura entendre les craintes des employés et des usagers de Point Culture.