"Merci de continuer à nous prendre pour des imbéciles”, a fait savoir Manon Lepomme sur Facebook à l’attention du Premier ministre après le Comité de concertation de vendredi. “Arrêtez de nous faire croire qu’on va pouvoir travailler alors que c’est complètement faux”, lui a-t-elle adressé dans un post, calcul à l’appui pour prouver qu’organiser des événements rassemblant un maximum de 50 personnes en extérieur à partir du 8 mai est tout sauf faisable sur le plan économique.

Tout en rappelant que la Belgique est un pays où la météo est très instable et donc que prévoir un spectacle en extérieur engendre un risque plus que certain, Manon Lepomme fait ses comptes pour une prestation à 20 euros la place. Cela représente 1 000 euros de rentrées qui, une fois la TVA de 6 % retirée, deviennent 943,40 euros.

Elle énumère ensuite ses coûts : 500 euros de frais d’équipement technique de base, 50 euros pour la location de 50 chaises, 113,21 euros de droits d’auteur à payer, 250 euros pour le régisseur, deux fois 150 euros pour les personnes responsables de l’accueil du public (impossible de s’en passer), 1 euro de frais de réservations ponctionné par ticket vendu via les plates-formes de réservation en ligne et 100 euros de promotion. Soit 1 363,21 euros de dépense pour 943,40 euros de recette. “Le calcul est très vite fait… Non seulement, je ne me paye pas pour ma prestation et pour la préparation mais en plus, je perds de l’argent”, constate la comédienne. Et encore, précise-t-elle, tout cela, c'est à condition qu'elle joue dans un lieu qui est gracieusement mis à disposition.