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Le ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles a jugé mercredi que les Editions de l'Avenir (EdA) n'avaient pas respecté toutes les conditions d'octroi des aides publiques à la presse à l'occasion du conflit social qu'il traverse. Le ministre n'a toutefois pas annoncé de sanctions. Interpellé mercredi après-midi en séance plénière du Parlement de la Fédération par plusieurs députés sur les remous au sein du groupe de presse, Jean-Claude Marcourt a estimé que la décision de la direction d'EdA de ne pas associer la société des rédacteurs (SDR) aux négociations sociales était contraire à l'article 7 du décret sur l'aide à la presse.

Celui-ci stipule en effet que, si une société interne des journalistes existe dans une entreprise de presse, sa direction a alors l'obligation de "reconnaître celle-ci en qualité d'interlocutrice et la consultera notamment sur les questions qui sont de nature à modifier fondamentalement la ligne rédactionnelle, sur l'organisation des rédactions et sur la désignation du rédacteur en chef".

Devant les députés, le ministre s'est toutefois refusé à envisager pour l'heure des sanctions envers les EdA pour non-respect de cette disposition.

M. Marcourt a dit attendre d'abord les auditions que le Parlement de la Fédération a programmées le 26 mars prochain.

Différents responsables du groupe de presse, ainsi que des représentants des travailleurs et journalistes, doivent en effet être entendus par les députés, choqués par les événements survenus la semaine dernière.

Le personnel de l'Avenir avait observé la semaine passée deux jours de grève après l'annonce de trois licenciements individuels, puis le refus de la direction de faire reparaître le journal tant qu'aucun accord social global ne serait trouvé.

Si l'existence d'une "liste noire" de travailleurs à licencier devait se confirmer, ce serait "inacceptable", a averti mercredi le ministre des Médias. Quant au "lock out" dénoncé par les journalistes du groupe, M. Marcourt a dit vouloir attendre les auditions avant de se faire sa propre opinion à ce sujet.

Pour le ministre Marcourt, le dossier des EdA doit être traité avec une "immense gravité", vu ses implications pour la liberté de la presse en Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi ses implications pour son personnel et l'avenir de l'entreprise, a-t-il insisté.

"La situation est plus complexe qu'il n'y paraît, mais une solution est à portée de mains", a-t-il conclu.