Divers Avec un milliard de vues cumulées, Norman fait des vidéos est l’une des stars de Youtube.

"Je ne suis pas une star, je suis plutôt un mec normal connu, insiste celui qui a été élu personnalité préférée des 7-14 ans et fête ses 29 ans en ce 14 avril. Si je deviens une star, les gens ne me reconnaitront plus. Ils aiment un mec normal car ma vie est normale. Les Youtubeurs sont anti star-system car c’est le média du peuple. On veut voir un mec du peuple qui allume sa caméra. À la télé, on prend de la coke, ils sont entre gens riches qui se font des vannes et ça ne derange personne... Tu fais ça sur Internet, tu te fais tuer! C’est un média de prolos un peu, on est limite des socialtubeurs, on est avec les gens."

Issu d’une famille de Ch’tis, Norman Thavaud se sent proche des Belges car "je suis né à la frontière, j’ai grandi à côté de Lens, dans l’ancienne Flandres, raconte celui qui sera prochainement sur scène chez nous. Je venais souvent à Walibi avec ma mère et ma soeur (Daphnée, devenue agente de Youtubeurs NdlR) et on venait souvent manger une frite dans le coin (sourires)!" Le jeune artiste, monteur de formation (il a notamment joué dans Mon Roi de Maiwenn) a même passé son examen d’entrée à l’IAD de Louvain-la-Neuve et à l’Insas de Bruxelles. "Mais je suis content d’avoir été recalé car aujourd’hui, je serais peut-être sur un tournage nul, avec une perche, alors que là, je suis en train de kiffer la vie."

Comme le Belge Gui-Home, vous avez trouvé votre créneau?

"Je l’ai rencontré, c’est sympa ce qu’il fait, pourquoi pas faire un cross over bientôt ? Je ne pense pas vous dédier un jour une vidéo mais j’adore votre univers, j’espère tourner un jour un film chez vous ou faire un featuring avec l’un de vos artistes qu’on adore. On vous les jalouse car Poelvoorde, Nawel Madani ou Damiens sont des pointures."

D’où ce besoin d’aller sur scène pour légitimer votre humour?

"Oui, on le dit souvent alors que l’humour est déja sur Internet. Pour certains, le net, ça n’a rien d’officiel. Et pour moi, la télé est artificielle. Quand tu arrives sur un plateau, tout le monde est maquillé, tout est écrit, faut applaudir même quand ce n’est pas drôle. Les gens sont froids, c’est bizarre, tout parait faux. Quand on vient d’Internet, on n’est pas habitué à cela. Les gens sont sensibles à l’authenticité. Je fais mes vidéos chez moi dans ma chambre avec 0 centime, très à l’ancienne. Quand je fais des vidéos gros budget, ça ne marche pas forcément plus..."

Mais votre one man show n’est pas dédié qu’aux internautes, vu qu’il n’y a aucune vidéo...

"Exact. On oublie Internet, j’ai envie que les gens me voient comme un véritable humoriste (il a été élu humoriste de l’année par GQ France) . Car, au final, c’est ce qu’on dit dans la vidéo qui est importante, le message qu’on fait passer et ce qu’il véhicule sur notre génération ou époque."

Concrètement, comment gagne-t-on de l’argent sur Youtube alors?

"Il suffit d’activer la rémunération sur son compte, tout le monde peut le faire, pas besoin de faire des millions de vues. Avec la publicité avant les vidéos, Youtube prend une partie et le créatif aussi. Alors évidemment, quand on fait un milliard de vues, on gagne beaucoup d’argent mais j’ai l’impression de découvrir mon nouveau salaire chaque jour dans la presse."

Le salaire d’un Youtubeur, sujet tabou?

"Comme tous les métiers! C’est bien de pouvoir vivre de sa passion mais ce n’est pas spécialement parce qu’on fait beaucoup de vues sur Youtube qu’on est riche. On devient riche car on a la chance de rencontrer son public, comme sur scène par exemple. Comme beaucoup le pense, on n’est pas des branleurs. Si j’ai des grosses cernes, ce n’est pas parce que je fais la fête mais bien parce que je travaille beaucoup, et que je suis sous pression pour faire tous les 15 jours la meilleure vidéo possible. C’est un vrai boulot! Et je pense que les glandeurs ne sont jamais recompensés dans la vie comme disait Jacques Brel. Je finirai là-dessus (sourires) ."


Un salaire de 100.000 euros par an

"On est auteur, acteur et réalisateur quand on est Youtubeur, rappelle Norman. On choisi tout, notre liberté est illimitée, ce n’est pas comme en télé ou au cinéma." S’il est conscient d’avoir une responsabilité quant au contenu de ses vidéos, celui qui a déclaré gagner "environ 100.000 euros par an" avance que l’une des recettes du milieu est la concurrence f raternelle. "On aime se chambrer. Sinon, on s’entraide car notre communauté est une famille. J’essaye de nouer des liens avec tout le monde." Histoire que leurs featurings amassent encore plus d’abonnés sur leur chaîne respective. En plus de plancher sur une série avec Cyprien, Norman fera un guest chez le pionnier du genre, Remi Gaillard, mais aussi Natoo, le Belge Gui-Home ou son pote de toujours avec qui il a débuté, Hugo tout seul du collectif Le Woop. Jackpot en vue ?


Il faut rentrer dans le game

La recette miracle pour cartonner sur YouTube semble être la formule humour/jeux vidéo. Pour preuve, la star internationale incontestée du genre n’est autre que PewDiePie qui, avec plus de 42 millions d’abonnés et 10 milliards de vues, exerce une activité qui lui rapporte la bagatelle de 12 millions de dollars par an pour… se filmer en train de jouer aux jeux vidéo. En France, son équivalent s’appelle Squeezie et compte déjà près de 6 millions d’abonnés et vient de toucher le jackpot (12 millions d’euros) avec ses potes Norman (7,3 millions d’abonnés) et Cyprien (près de 9 millions d’abonnés).


Norman sur scène, le 5 mai au Forum de Liège, le à Charleroi et le 7 à Marche-en-famenne. Infos et réserv.: stlvie.be.