Pierre Palmade exorcise ses démons dans Le Comique, une comédie qui frise la thérapie

PARIS Pierre Mazar se trouve dans le creux de la vague. À l’aube de la quarantaine, le célèbre comédien souffre d’une panne de stylo alors qu’il doit présenter son nouveau spectacle le mois prochain. Plutôt que de s’atteler au travail, il offre des sujets croustillants à la presse people en noyant sa vie dans l’alcool et collectionnant les aventures avec des hommes qu’il pioche en boîte de nuit ou sur Internet.

Pour Le Comique, Pierre Palmade s’est largement inspiré de sa vie privée, du temps où il était jetsetteur. L’alcool, la fête, l’homosexualité, l’orgueil, les relations familiales,…la pièce semble vite tourner à la thérapie. Pierre Palmade que l’on sait méfiant vis-à-vis de la presse nous a pourtant parlé presque sans tabous de ses démons et de la crise de la quarantaine à laquelle il pensait échapper…

Cette pièce a-t-elle été taillée sur mesure pour vous ?

“Je me suis servi de ma vie et de moi pour donner des accents de vérité et de l’épaisseur à la pièce mais ce n’est pas un déballage de ma vie privée. La pièce est écrite comme une comédie populaire. Elle peut être vue par des gens qui ne connaissent rien de ma vie et jouée par quelqu’un d’autre que moi.”

Souffrez-vous, comme Pierre Mazar, de l’angoisse de la page blanche ?

“Non parce que je pense en permance au spectacle. J’ai toujours un ou deux projets d’avance. Je suis tellement hyper anxieux que je ne me fais pas cueillir par le manque d’inspiration.”

Comment un comédien confirmé avec 20 ans de carrière derrière lui fait-il pour rester en haut de l’affiche ?

“Il faut se surprendre. Si on se surprend soi-même, on va forcément surprendre les autres. Il ne faut pas surfer sur le succès précédent et toujours remettre son titre en jeu. J’essaie d’être débutant lors de chaque nouveau spectacle.”

Est-ce que ça marche pour Le Comique ?

“J’ai pris beaucoup de risques. J’ai imposé sept comédiens à mes côtés et traité un sujet lourd que j’ai voulu rendre drôle mais ça a payé. À Paris, le succès est professionnel et public.”

Avez-vous été touché par la crise de la quarantaine ?

“Je pensais que c’était un cliché et que j’allais y échapper mais cette crise est bien réelle. Elle est encore plus violente quand, comme moi, on s’est embrumé dans la fête pendant des années. Mais j’en suis sorti plus mûr et je me connais mieux.”

Seriez-vous ami avec Pierre Mazar ?

“Si je me rencontrais, je m’horripilerais et en même temps, je serais attaché à moi. Je suis un enfant unique issu d’un milieu bourgeois de gauche. Je suis un sale gosse qui a été trop chouchouté. J’ai voulu que ce schéma dure toute ma vie. J’essaie de le corriger mais je l’assume aussi.”

Vous aimez-vous ?

“Je ne suis pas encore copain avec moi. Je veux bien qu’on m’admire sur scène mais je ne dis pas qu’il faut m’admirer dans la vie. J’apprends à m’aimer petit à petit.”



© La Dernière Heure 2009