Disney se porte bien, merci. L’empire de Mickey et compagnie pèse plus de 250 milliards de dollars et ne semble pas avoir trop de soucis à se faire dans l'immédiat. Ni plus tard d'ailleurs. L’agenda est bourré de projets à venir et la plateforme de streaming Disney + collectionne les millions d’abonnés, pulvérisant les objectifs qu'elle s'était fixée pour 2025.

Mieux le géant mondial du divertissement vient d’annoncer le lancement d’un second service de VOD. De quoi voir l’avenir avec plus que de la sérénité ? Ce n’est pas l’avis d’Abigail Disney, la petite-fille du cofondateur de la Walt Disney Company.

Un géant aux pieds d'argile?

Dans un entretien accordé à la radio californienne KCRW, elle fustige la gestion du groupe et fait part de ses craintes pour la suite. Dans son collimateur : la direction. Abigail Disney ne décolère pas. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’entreprise a licencié 32 .000 personnes tandis que les cadres, eux, ont retrouvé leur salaire normal depuis la fin de l’été. Une inégalité de traitement inacceptable à ses yeux. Et dangereuse !

“Je ne crois pas que l’entreprise et la magie puissent survivre à ce type de comportement”, a-t-elle fait savoir au micro de KCRW. Aussi solide soit la marque, ajoute-t-elle, “je ne pense pas qu’elle durera.” Elle s’explique : “C’est le genre de marque tellement énorme et universelle, la chute ne sera pas lente, mais elle va s’écrouler d’un coup. […]. La très grande rémunération des dirigeants ressemble à une récompense pour avoir baissé les salaires des autres employés”. Pour elle, c’est en se réformant de l’intérieur que l’entreprise pourra assurer sa pérennité.

Plantureux salaire et destitution

Ce n’est pas la première fois que la fille de Roy E. Disney, fils de Roy O. Disney, monte au créneau sur le sujet. Le plantureux salaire de Bob Iger, qui a chapeauté l’empire pendant quinze ans avant de récemment céder les commandes à Bob Chapek, l'a régulièrement fait bondir de sa chaise. L'intéressé gagnait à l’époque 65,5 millions de dollars! Mais tout cela n'a pas semblé émouvoir le conseil d’administration. “Pour eux, il n’y a pas de relation entre ce que nous payons à un ouvrier en première ligne ou à un travailleur de quarts et ce que nous payons à Bob Iger”, a-t-elle déploré.

Mais l’héritière est tenace et n'entend pas baisser les bras, la famille Disney étant toujours partie prenante du business. Elle a aussi de qui tenir puisqu’en 2005, son père, Roy E. Disney, était parvenu à destituer le big boss de l’époque, le réputé indétrônable Michael Eisner. Bob Chapek ferait bien de s’en souvenir car Abigail Disney était à la manœuvre au côté de son père lorsque c’est arrivé...